Le COVAC répond à une vétérinaire pro corrida !

Le Midi Libre a publié il y a quelques temps une tribune libre écrite par Sophie Malakian-Verneuil, vétérinaire pro corrida.

Cette laborieuse tentative de justification de la corrida a bien évidemment suscité de nombreuses réactions.  Nos amis du COVAC, le Collectif des Vétérinaires Anti Corrida, ont tenu à réagir par l’intermédiaire d’une réponse argumentée que le Midi Libre a eu l’honnêteté de publier in extenso.

Voici la tribune du COVAC :

Jean-Paul Richier, pour le Collectif des vétérinaires pour l’abolition de la corrida (Covac), a tenu à réagir parce que « l’apologie de la corrida par Sophie Malakian-Verneuil dans une récente tribune sur Midilibre.fr, où elle s’exprimait en tant que vétérinaire, est constellée de contre-vérités qui appellent quelques réponses ».

Vous avez dit « anthropomorphisme » ?

Mme Malakian insiste, dans sa tribune intitulée La mort du taureau de combat dans l’arène, sur sa « vision non anthropomorphique de l’animal et de sa psychologie ». Elle accuse les opposants à la corrida de « défendre une cause qu’ils ne comprennent pas, une nature dont ils ignorent tout », insistant « ces amoureux de « la nature », ne regardent pas la nature elle même, mais l’image qu’il veulent en voir ».

Sans doute beaucoup d’opposants à la corrida ont-ils une vision plus ou moins anthropomorphique du taureau. Mais l’homme ne peut échapper à une telle approche des animaux. Le philosophe Thomas Nagel a souligné notre impossibilité d’accéder au vécu des animaux dans son fameux article de 1974 : « What is it like to be a bat ? » (Quel effet cela fait-il d’être une chauve-souris ?). Nous pourrions le paraphraser :  » What is it like to be a bull ? » (Quel effet cela fait-il d’être un taureau ?).

A leur manière, les aficionados sont aussi – voire plus – versés dans l’anthropomorphisme que les opposants à la corrida. Ainsi, Mme Malakian s’imagine-t-elle que sa longue tirade où elle décrit la corrida du point de vue du taureau est dénuée d’anthropomorphisme ? Nous laissons le lecteur juge. Tenons-nous en pour notre part à une remarque physiologique et une remarque éthologique.

Premièrement, les références répétées aux couleurs (« animal très coloré, dont les ailes roses et jaunes virevoltent », « prêtes à broyer du rose », « deux cornes pointues et oranges [les banderilles, sous la plume de l’auteure] ») sont peu pertinentes.

Le taureau est plutôt sensible à la luminosité et aux mouvements rapides qu’aux couleurs. Les cellules de la rétine sensibles à la couleur sont peu denses chez les bovins, ce qui donne à penser que leur perception des couleurs est approximative (par rapport à l’homme). Et les caractéristiques de ces cellules rendent peu probable que les taureaux discriminent comme nous le jaune, l’orange et le rose.

Deuxièmement, l’assimilation de la cape à un oiseau (« il sait qu’il a réussi, il l’a encorné ce volatile, il a senti son odeur, fait voler ses ailes ».) est encore moins pertinente. Il est douteux que les taureaux soient génétiquement enclins à agresser les volatiles. Et encore moins à les encorner.

Enfin, le comble de l’anthropomorphisme se retrouve dans cet inlassable argument des amateurs de corrida : « Pour le taureau, cette mort-là aura plus de sens que celle d’un taureau exécuté dans un abattoir ». Le sens de la mort pour un taureau… Mme Malakian aurait pu faire dialoguiste pour les Monty Python.

Le « destin » du taureau de combat

Mme Malakian nous sert l’invariable argument du mundillo ; le destin inéluctable du taureau est de combattre dans l’arène : « Il est né pour combattre. Ses cornes pointues le prouvent, ses muscles saillants le prouvent. Son ardeur au combat fait partie de son existence. Il ne peut en être autrement » ou encore « Le taureau de combat, lui, est la nature à l’état brute [sic]. Il est programmé pour vivre, se reproduire, combattre, et mourir. C’est sa nature à lui, et sa vie y est conforme. »

Premièrement, comme chez beaucoup d’autres ruminants, les cornes, les muscles, et les comportements d’affrontement ont chez le taureau les fonctions banales de dominance envers les congénères, de compétition envers les espèces concurrentes, et de défense envers les prédateurs. Si on suit la logique de Mme Malakian, la plupart des animaux étant confrontés à ces questions vitales, ils sont nés pour combattre. Que doit-on en conclure ?…

Deuxièmement, alors même que l’auteure clame que « la nature originale n’existe plus », elle semble méconnaître que la race « taureau de combat » a été méthodiquement façonnée par l’homme de façon à sélectionner les individus les plus réactifs.

Arène ou abattoir ?

Notre consoeur use aussi d’un des sophismes préférés des amateurs de corrida : le faux dilemme entre la mort dans l’arène et l’abattage industriel : « la morale se satisfait davantage du coté aseptisé de la mort des animaux dans ces temples de la consommation alimentaire », ou « comment dénoncer l’existence des corridas, et accepter celle des abattoirs ? »

Premièrement, quasiment tous les opposants à la corrida sont également opposés à l’élevage et l’abattage industriels, qu’ils soient « welfaristes » (partisans d’un élevage et d’un abattage sans stress ni souffrance) ou « abolitionnistes » (partisans d’un renoncement à la viande).

Deuxièmement, Mme Malakian se plante une banderille dans le pied en écrivant plus loin « la mort des quelques centaines de taureaux courageux, choisis pour affronter les toréadors, assure la survie de milliers d’autres ». Car quel est le destin de ces milliers d’autres taureaux ? Les abattoirs industriels.

La corrida, combat écologique ?

Notre consoeur reprend un des arguments pseudo-écologiques des amateurs de corrida : « Pour que les taureaux de combat vivent, il faut tuer des taureaux de combat dans les arènes. Ainsi va la logique du monde. »

Premièrement, le maintien de la diversité des races domestiques peut être une problématique légitime, mais en ce cas les questions à se poser sont : pourquoi, et comment ? Préserver une race au motif que son charcutage codifié en public génère un profit pour les éleveurs est pour le moins discutable.

Deuxièment, Mme Malakian confond la logique éthique (l’animal en tant qu’individu sensible) et la logique écologique (l’animal en tant qu’espèce ou sous-espèce). Lorsqu’elle assène : « Finalement, les plus grands assassins d’animaux ne seraient-ils pas ceux qui veulent empêcher qu’on les tue ? », elle oublie que le terme « assassin » désigne des individus tuant d’autres individus.

La « nature » de l’homme

Reconnaissons une originalité à notre consoeur : alors que l’appel à la « culture » est devenu l’un des mantras incontournables des aficionados, elle justifie la corrida en faisant appel à la « nature » : « La sauvagerie est animale, le combat côtoie partout la vie animale », « l’homme, en tant qu‘animal, n’échappe pas aux lois qui régissent ce règne », « si l’on désire voir l’animal par sa nature, il faut également accepter de regarder l’homme sous ce coté-là ».

Cependant, cette légitimation de la violence de la corrida par la nature animale de l’homme est non seulement un de ses arguments les plus fallacieux, mais également le plus nocif.

Premièrement, il est fallacieux car l’homme est la seule espèce qui fait souffrir un autre animal sans autre but que le plaisir. Dans les autres espèces animales, même les rarissimes cas de violences ludiques, comme le chat domestique jouant avec la souris ou l’orque jouant avec le phoque, sont liés à des comportements de prédation.

Deuxièmement, il est nocif, car justifier certains comportements de l’homme par la nature de celui-ci et/ou l’ancienneté de ceux-là peut conduire à justifier les pires comportements humains.

Par exemple, l’argument « l’homme a toujours été un prédateur, et il l’est toujours » peut conduire à justifier les viols et autres abus sexuels par : « L’homme (au sens masculin) a toujours été un prédateur sexuel, et il l’est toujours ». Ou l’argument : « Le combat de l’homme contre l’animal est vieux comme l’humanité » peut conduire à justifier les guerres et autres violences interhumaines par : « Le combat de l’homme contre l’homme est vieux comme l’humanité ».

Dans cet esprit, la référence, schéma à l’appui, au « cerveau reptilien » de l’homme, prête juste à sourire. Ce concept s’inscrit dans la fameuse « théorie des trois cerveaux » élaborée par le neurobiologiste Paul MacLean dans les années 60.  Sans doute Mme Malakian se réfère-t-elle à l’article de Michel Onfray Le cerveau reptilien de l’aficionado (octobre 2012). Mais, autant cette référence était métaphorique sous la plume du philosophe, autant sa reprise au pied de la lettre par une professionnelle censée avoir un minimum de connaissances en matière de biologie est consternante.

En effet, la théorie de MacLean (d’ailleurs plus complexe que ce qu’on en présente) est de nos jours parfaitement dépassée tant sur le plan évolutionniste que sur le plan neurophysiologique. Ce qui n’enlève rien aux exceptionnels talents de Paul MacLean : la science poursuit simplement son chemin (un peu trop vite semble-t-il pour notre consoeur).

La violence, capital à dépenser ?

Une des plus belles perles du majestueux collier que nous a confectionné Mme Malakian tient en cette phrase : « Empêchez [l’homme] d’exprimer son animalité de prédateur, et vous en ferez un psychopathe qui s’en prendra à ses congénères à la place. » En effet, la relation entre la violence envers les animaux et la violence envers les humains a fait l’objet de dizaines d’études (on dénombrait en 2010 près de 80 études publiées dans des revues scientifiques). Et la totalité de ces études font état non pas d’une corrélation négative entre ces deux formes de violences, mais au cont raire d’une corrélation positive : les violences envers les animaux et les violences envers les humains sont liées.

En d’autres termes, la violence de l’homme ne constitue pas un capital qu’il peut choisir de dépenser dans un domaine plutôt qu’un autre. C’est une dynamique dont les différentes expressions, loin de s’épuiser, se potentialisent et s’entretiennent.

Contradiction, quand tu nous tiens

Dans son introduction, Mme Malakian annonce sa passion pour l’animal et revendique « une vision pragmatique de sa place dans notre société ». Notre consoeur est de fait familière des contradictions. Elle enchaîne d’ailleurs : « Ce qui ne m’a pas empêché garder un grand amour et un grand respect pour la cause animale dont je reste une fervente et sincère défenseur ».

Chacun jugera la compatibilité de cette déclaration avec sa passion pour la corrida. Non seulement notre consoeur vétérinaire décrit ainsi l’estocade (dans les cas où celle-ci réussit) : « Au fond de ses entrailles, l’éclair est venu se planter, le mal est rentré dans sa chair, et la déchiquète de l’intérieur. Son cœur qui bat la chamade vient s’y déchirer à chaque battement, à chaque mouvement ». Mais en plus, elle reconnaît que le taureau continue à agoniser après le soi-disant coup de grâce : « Pendant que lentement l’esprit vaillant quitte ce monde, on découpe une oreille de cette carcasse ».

En conclusion

Sophie Malakian-Verneuil a bien entendu parfaitement le droit d’exprimer son point de vue. Mais le Collectif des vétérinaires pour l’abolition de la corrida (Covac, qui compte 1 900 membres à ce jour), tient à en souligner le caractère contestable en termes scientifiques, éthiques, et dialectiques.

Source : Midi Libre

Le monde taurin en plein désarroi ! Sébastien Castella se lâche…

Le 5 septembre dernier, un article figurant en bonne place dans le journal Sud Ouest révèle le grand désarroi de celui qui est considéré par beaucoup comme le plus grand torero français à l’heure actuelle :  Sébastien Castella.

Dans cet article édifiant, Sébastien Castella met en exergue, de manière explicite, l’efficacité des mouvements anticorrida qui combattent sa pratique cruelle. Que ce soit en France et surtout en Espagne. Merci à lui de nous rendre hommage, en quelque sorte…

Déjà, peu de temps auparavant, dans une lettre ouverte, ce même torero exprimait ses vives inquiétudes sur l’avenir de la corrida…

Et le 23 décembre 2012, à la stupeur générale, Sébastien Castella osait affirmer (vous ne rêvez pas !) qu’il ne supportait pas la souffrance animale

Il est vraiment temps qu’il change de métier !

De toute façon, la situation présente et à venir de la corrida s’en charge…

CARCASSONNE ! L’esprit Cathare planait au dessus de nous…

Le 30 août dernier à 15 heures, les anticorrida étaient rassemblés à l’entrée de cette merveille médiévale. De nombreuses associations avaient répondu présent.

Le matin, une poignée de courageux militants bloquaient le camion amenant les pauvres taureaux sur les lieux de leur supplice. Cette fois ci, les forces de l’ordre furent particulièrement violentes… A tel point qu’un manifestant fut hospitalisé. Vous trouverez tous les détails dans l’article de L’Indépendant et de Planète Animaux.

A cette occasion, la FLAC en profite pour lancer un cri d’alerte aux autorités :  de plus en plus de personnes sensibles à la souffrance ne supportent plus de savoir qu’en période de Féria, des animaux soient sacrifiés cruellement et légalement juste pour le seul plaisir d’une minorité de personnes venant se repaître en famille de tous ces massacres à l’arme blanche. Certaines personnes, indépendantes de toutes structures officielleS, à force de ne pas être écoutées dans les hautes sphères politiques, ne le supportent plus et prennent de plus en plus de risques… Cela porte un nom : le désespoir !  Faudra-t-il attendre que se produise un drame ? Déjà, dans Le Midi Libre du 19 août 2015, notre Fédération évoquait cette très inquiétante éventualité…

Lors de cette journée historique très médiatisée, l’esprit Cathare plana au dessous de nous… Il faut savoir que cette communauté condamnaient le meurtre d’animaux.

Et bien évidemment, la mairie de Carcassonne, très fière de son passé Cathare, se garde bien de préciser ce petit détail historique…

BRAVO pour la pugnacité du FLAC 66 !

Le dimanche 9 août 2015, les militants anti-corrida étaient présents à Millas (Pyrénées-Orientales) pour dénoncer non seulement la violence et la cruauté de la corrida, mais aussi l’utilisation honteuse de fonds publics destinés à financer ce spectacle indigne (68 000 € via le conseil départemental et la région !) : une mauvaise habitude qui a déjà attirée l’attention des abolitionnistes et des citoyens soucieux de l’utilisation de leurs impôts.

Le thème de cette manifestation et la pugnacité du FLAC 66 (association membre de la FLAC) ont une nouvelle fois déclenché l’ire de la municipalité de Millas qui a tenté d’interdire cette manifestation pourtant totalement légale et déclarée. L’efficacité de Maître Olivier AGNIEL, avocat du FLAC 66 a permis de faire annuler cet arrêté municipal liberticide, ainsi que cela avait déjà été le cas précédemment.

Malgré cette victoire juridique importante, l’organisation et le déroulement de cette manifestation se sont vus largement perturbés par un incident local : la découpe d’une statue de toréro (en bois) placée à l’entrée de la ville. Statue à terre, slogan maladroitement écrit « abolition », auteur(s) anonyme(s) : il n’en a pas fallu plus pour que la municipalité de Millas édicte en urgence un nouvel arrêté visant à interdire toute manifestation anti-corrida dans la commune. L’arrêté ayant été rendu public le dimanche même de la manifestation, aucune possibilité d’action visant à en obtenir l’annulation n’était évidemment laissée au FLAC 66 !

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Les organisateurs de la manifestation ont pris la sage et courageuse décision de maintenir le rassemblement prévu mais d’annuler le cortège qui devait s’engager en ville… Concentrés à l’entrée de Millas les manifestants ayant fait le choix de répondre présents malgré les circonstances particulièrement hostiles ont néanmoins pu se faire entendre et démontrer par leur action toute la détermination et l’engagement de la cause abolitionniste.

La dégradation de cette statue est donc venue perturber et remettre en cause tout le travail de d’organisation et de mobilisation entrepris par les associations responsables de cette manifestation. Elle est également venue à point nommé permettre à cette ville taurine d’atteindre son objectif : limiter le droit constitutionnel de manifestation et brider les opposants à la corrida ! Si la présence du terme « abolition » semble désigner dans un premier temps un acte d’opposants à la corrida, le « timing » et l’instrumentalisation de cette dégradation ne permettent d’éliminer aucune piste…

Afin de s’assurer que toute la vérité puisse être faite sur cet acte le FLAC 66, conseillé par son avocat, a déposé plainte contre X auprès du tribunal de Perpignan.

Nous publions ici le communiqué commun des associations organisatrices de cette manifestation, le FLAC 66 et l’association Animalibre :

La statue du « matador » implantée à l’entrée de Millas, a été « découpée » dans la nuit du 7 au 8 août 2015.

Le FLAC 66 et AnimaLibre déplorent cet événement qui ne peut que leur porter tort, et contrarie l’avancée de la lutte anti-corrida.

Madame le Maire a mis en effet à profit ce lamentable événement, qu’elle impute implicitement aux deux associations, pour prendre un arrêté municipal dans la matinée du dimanche 9 août, au dernier moment. Elle a interdit ainsi aux opposants à la barbarie torturomachique de s’exprimer dans la ville, et empêcher la tenue d’une manifestation pacifique dans le village (rappelons que le Tribunal Administratif saisi par notre avocat, Maître Olivier Amiel, venait de suspendre l’arrêté précédent, de même type, promulgué par Mme Beffara et d’autoriser la présence pacifique du FLAC 66 dans Millas).

Madame le Maire démontre que la liberté d’expression et de manifestation, inscrite dans la Constitution, connaît des limites, celles fixées par elle-même.

Nous avons ainsi la preuve que nos idées avancent rapidement, dans le respect de la légalité, mettant la pratique avilissante de la corrida en danger. Madame le Maire n’hésite pas, perdant toute retenue propre à un élu, prouvant son inquiétude, dépassant la limite que lui impose sa neutralité, à nous traiter de « terroristes » sur des ondes locales. Oubliant le principe de présomption d’innocence. Un nouveau recul pour l’édile de Millas.

FLAC66
ANIMALIBRE Association Perpignan

Rodilhan 08/10/11, 4 ans, pas de procès, déni de justice

Cet article est paru sur le site du CRAC Europe

Le 8 octobre 2011, 70 manifestants anti-corrida pacifiques et enchaînés se sont fait lyncher par une trentaine d’aficionados dans l’arène de Rodilhan pour avoir voulu empêcher le massacre de jeunes veaux. Une vingtaine d’autres militants dans les gradins étaient aussi brutalement frappés et bousculés. Des violences ahurissantes ont été commises, à coups de pieds, de poings, de lance à incendie. Des femmes ont subi des agressions sexuelles, ont été traînées sur le sable tirées par les cheveux. Sans parler des insultes les plus ordurières.

Tout a été filmé par plusieurs militants postés sur les gradins ou descendus sur le sable pendant le passage à tabac. La quasi totalité des agresseurs ont été identifiés grâce aux vidéos, ont été confrontés aux images les montrant en pleine action, ont reconnu les faits. Ils font l’objet de 70 plaintes. La vidéo principale, irréfutable, qui a fait partie intégrante de l’instruction, a été vue près de 215 000 fois depuis sa mise en ligne.

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Quatre ans plus tard, il n’y a toujours aucune date de comparution donnée par la procureure de Nîmes en charge du dossier. Fin 2013, elle avait annoncé dans la presse que le procès se tiendrait courant 2014. Fin 2014, elle déclarait que finalement l’audience aurait lieu début 2015. Alors que toute l’instruction était en théorie terminée selon ses dires fin 2013, la procureure a demandé début 2014 à l’adjudant-chef Joos de tout revérifier. Ce qu’il a fait, sans qu’aucun fait nouveau ne soit apporté par rapport au dossier déjà bouclé en 2013.

Le 4 octobre 2015, quasiment quatre ans jour pour jour après le lynchage et alors qu’aucune date de procès n’a encore été donnée, Rodilhan tiendra à nouveau une séance de torture et de massacre de jeunes veaux. Le CRAC Europe organisera une manifestation déclarée pour s’y opposer, encore et toujours, et pour protester, encore et toujours, contre ce déni de justice.

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