Le criminologue Jean-Pierre BOUCHARD intègre la FLAC !

Jean-Pierre BOUCHARDJean-Pierre BOUCHARD, psychologue et criminologue (docteur en psychologie et en droit), spécialiste des agresseurs et des victimes, intègre le comité d’honneur de la FLAC.

Jean-Pierre BOUCHARD, rencontré aux dernières Journées d’été d’EELV qui se sont déroulées à Bordeaux est très aguerri aux interventions médiatiques.

Au nom de la FLAC, un grand merci à Jean-Pierre BOUCHARD !

La FLAC sur tous les fronts !

CarcassonneLe 9 août 2014, le CRAC Europe, membre de la FLAC, organisait une manifestation à Bayonne, ville où la première corrida en France eut lieu officiellement en 1854. C’est dire si le symbole était fort ! A cette occasion, une délégation du CRAC Europe fut reçue par le maire et ses adjoints. Voir tous les détails sur le site du CRAC Europe.

Le 31 août 2014 à Carcassonne, le Comité Audois pour l’Abolition des Corridas et le CRAC Europe, tous deux membre de la FLAC, manifestaient aux pieds de la célèbre cité cathare. Et oui, c’est incroyable, mais on torture légalement des animaux pour le plaisir à deux pas de ce magnifique haut lieu culturel inscrit au patrimoine de l’UNESCO. Compte rendu et très bons retours médiatiques.

Le 15 août 2014 à Béziers, deux militants pacifiques de la FLAC, sans protection policière, sont provoqués physiquement par la fine fleur de l’aficion… Nous vous laissons juges ci-dessous :

Décidément, on ne peut plus torturer en paix…

Amélie les Bains… FLAC 66 réagit !

Monsieur François Garrigue, bientôt ex-président d’ « Aficio Catalana », membre du club taurin de Céret, présente le programme 2014 de son association amélienne, presqu’entièrement constituée d’amateurs de corrida espagnole sanglante.

Ayant constaté la désertification des corridas, il voudrait bien amener les jeunes à fréquenter les arènes. Rappelons que, dans le même but, Céret a offert 200 places de corrida aux moins de 16 ans cette année.  Est-ce un spectacle pour les enfants ?

Mr Garrigue et ses amis, en 2013, avaient eu l’idée, afin d’ « amuser » le public, de présenter un spectacle nocturne consistant à enflammer les cornes d’un bovin. L’animal affolé devait courir dans tous les sens, poursuivi par des hommes excités. Quelle distraction drôle et délicate !

Des associations de protection animale toujours vigilantes, relayées dans toute la France par des milliers de personnes sensibilisées, n’ont pas eu la même perception de la chose et s’en sont émues auprès des services concernés : Mairie, Office du Tourisme d’Amélie, et Sous-Préfecture de Céret. Divers médias s’y sont aussi intéressés. La pseudo « fête » a été annulée.

Mr Garrigue, faisant les questions et les réponses, traite les associations de « liberticides ». Les médias, par « laxisme ou intérêt », auraient désinformé, altéré la vérité, manipulé tout un chacun ! La perte de spectateurs dans les arènes, tant en France qu’en Espagne, fait redoubler d’idées sans beaucoup de réflexion les amateurs qui voudraient bien freiner ce déclin.

Cette année aussi, le spectacle s’éloigne de la présentation des coutumes locales anciennes, se rapproche de la corrida (espagnole et portugaise) et implique les enfants (dont un adolescent d’école taurine)

Le FLAC66 (Front 66 des Luttes pour l’Abolition des Corridas) et les associations amies, qui ne peuvent admettre les brutalités sur animaux, continueront à les dénoncer, partout et toujours.

Fortement impliqués dans la protection des enfants vis-à-vis des sévices infligées à des herbivores dans la corrida, nous nous élevons contre leur participation à des simulacres de cette pratique barbare.

FLAC66

La FLAC au coeur d’EELV !

philippe_lambertPour la deuxième année consécutive, la FLAC tenait un stand aux Journées d’été d’EELV qui viennent de se dérouler à Bordeaux (Plus d’info)

Cette année, notre thématique s’articulait plus particulièrement autour du livre courageux d’Isabelle NAIL Ni art ni culture et de la problématique des enfants confrontés aux atrocités des corridas.

Dans ce but, lors de ces Journées d’été, la FLAC a fait signer à de nombreuses personnalités le manifeste du professeur Hubert MONTAGNER, membre du comité d’honneur de la FLAC, demandant l’interdiction des arènes aux moins de 16 ans lors de corridas.

Parmi les ateliers/débats proposés, nous nous étions rendus à celui consacré aux statuts de l’animal. A cette occasion, la députée Laurence ABEILLE, dépositaire d’une Proposition de Loi pour l’abolition de la corrida, nous confirma qu’en 2015, année où une commission de l’ONU suggérera à la France de ne pas laisser les enfants assister à des corridas, EELV pèsera de tout son poids sur cette opportunité inespérée. Dans ce cadre, Christiane LEPAUMIER, chargée de la commission Justice d’EELV, nous retrouva à notre stand afin de définir un travail en commun au sujet de cette prise de position de l’ONU.

Liste des personnalités signataires du manifeste du professeur Hubert MONTAGNER durant ces 3 jours.

  • Philippe LAMBERS :  Coprésident du Groupe des Verts/Alliance Libre Européenne au Parlement européen (en couverture). Successeur de Daniel COHN-BENDIT.
  • Jean-Paul HUCHON :  Président du conseil régional d’Ile de France. Haut fonctionnaire de l’Etat.
  • Eva JOLY  :  Députée européenne. Ancienne candidate EELV aux élections présidentielles.
  • Karima DELLI  :  Députée européenne.
  • Eric ALAUZET  :  Député.
  • Monique MASSONNEAU  :  Députée.
  • François DE RUGY  :  Député.
  • Emmanuelle COSSE  :  Secrétaire nationale des Verts
  • Corinne LEPAGE  :  Présidente de CAP 21. Ancienne ministre.
  • Antoine WAECHTER   :  Président du MEI. Conseiller général d’Alsace. L’un des fondateurs des Verts.
  • Jacques BOUTAULT  :  Maire du 2ème arrondissement de Paris.
  • Michel DAVERAT  :  Conseiller régional d’Aquitaine
  • Yann WEHRLING  :  Conseiller de Paris. Ancien secrétaire national des Verts.
  • Tariq OUBROU  :  Recteur de la grande mosquée de Bordeaux.
  • Mahmoud AL DOUHA  :  Imam de Bordeaux.
  • Emmanuel VALENCY  :  Rabbin de Bordeaux et de la région Sud Ouest.
  • Jean-Pierre BOUCHARD  :  Docteur en psychologie et criminologue.
  • Jean-Pierre MARGUENAUD  :  Professeur d’université en droit.
  • Florence BURGAT  :  Philosophe. Professeur des universités. Directrice de recherche à l’INRA.
  • Philippe FREMAUX   :  Journaliste économique et éditorialiste.

Nous tenons à remercier vivement toutes ces personnalités pour nous avoir apporté leur soutien à cette cause éthique si difficile.

Un article consacré à notre présence aux Journées d’été d’EELV est paru chez NéoPlanète.

Pas de « bravos » pour les aficionados !

public arenesLe vendredi 22 août s’est déroulé dans les arènes de Fréjus un spectacle organisé dans le cadre d’une « journée espagnole » et qui a vu présenter au public (principalement composé de touristes en cette saison, motivés notamment par la gratuité de l’entrée) une « capea ». Destinée prioritairement aux toreros débutants, la capea offre au public un spectacle qui ne prévoit ni banderilles, ni mise à mort des (très) jeunes taureaux.

Fréjus a aboli la corrida (décision de son ancien maire Élie Brun), et son nouveau maire, David Rachline, étant également opposé à la réintroduction de la corrida, de même que la majorité des habitants de cette ville, les organisateurs de ce spectacle ont préalablement annoncé par voie d’affichage et via internet une « novillada ».

On connait la violence sanguinaire et lâche de ces spectacles. De nombreux opposants ont aussitôt pris contact avec les autorités locales pour en savoir plus. Le maire de Fréjus a donc immédiatement confirmé que le retour des corridas n’était en rien prévu dans sa ville, et annoncé le déroulement d’un spectacle sans sang, ni mise à mort.

Tentative ratée de manipulation de la part des organisateurs, confusion de la part des services chargés de promouvoir ce spectacle, rétropédalage sous la pression des opposants ? En tous cas la novillada annoncée par voie d’affiche s’est transformée au fil des jours en « beccerada » (annoncée également sur plusieurs sites tauromachiques) pour finalement aboutir à une capea, dont le déroulement a eu lieu sous le regard attentif de nombreux militants anticorrida qui étaient présents dans les arènes et avaient prévu d’intervenir immédiatement si le spectacle annoncé se révélait être une corrida déguisée… Nous tenons d’ailleurs à saluer ici le dévouement et la vigilance de ces abolitionnistes, actifs notamment au travers du Collectif fréjussien anticorrida.

Lors de ce spectacle un tract a été distribué par les aficionados. Ce tract est destiné à promouvoir auprès d’un public peu informé de ces questions l’image d’un taureau présenté comme un quasi-fauve, une machine à combattre… Il s’agit en fait d’un ramassis grossier de manipulations, mensonges et exagérations visant à apporter une caution à la corrida. Nous connaissons l’argumentation tauromachique qui présente les sévices et la mise à mort du taureau comme un témoignage de respect envers la nature profonde de ce bovin, qui serait toute entière tourné vers le gout de l’affrontement, un raisonnement où la vision fantasmée du taureau vient remplacer la réalité, et cautionner les pires horreurs.

Frejus_Toro« Le toro de combat est un animal sauvage » : non, le taureau espagnol actuel, ou taureau dit « de combat » est considéré – évidemment – comme un animal domestique. Comme le dit un site taurin  : »Le taureau de combat n’est pas une espèce distincte de bovidé, mais une variété ou un ensemble de races particulière, originaire d’Espagne, de l’espèce bœuf domestique (Bos taurus) ».

Les troupeaux actuels sont les créations de l’homme, issus de croisements soigneusement effectués dans le but d’isoler et favoriser un ensemble de caractéristiques physiques comme psychologiques compatibles avec l’organisation de corridas. Il ne s’agit en rien d’un animal sauvage, dont la tauromachie préserverait les caractéristiques ancestrales, au contraire. C’est la main de l’homme qui est à l’œuvre dans les élevages de taureaux de combat, pas celle de la nature ! D’ailleurs les contraintes de la sélection et de l’élevage, qui obéit comme toute activité commerciale à la loi de l’offre et de la demande, sont à l’origine d’une certaine uniformisation de la race, aboutissant à des critiques de plus en plus fréquentes de la part de certains aficionados quant à au comportement et au physique des taureaux présentés dans les arènes :

« Quel que soit son but, la sélection passe par les loteries de la génétique, une loterie que certains tentent aujourd’hui de diriger grâce aux nouvelles possibilités offertes par les analyses d’ADN. Celui qui a le bonheur de réussir quelque chose cherche à stabiliser sa trouvaille ; il crée ainsi une nouvelle lignée (« encaste »). Il est aussitôt imité par d’autres ; ou bien il leur vend des reproducteurs et sa réussite vient « améliorer » les troupeaux existants par croisement, voire les éliminer par substitution ou absorption. (…)

Au bout de 2 ou 3 siècles, aboutissons-nous à une fabuleuse diversification des races, comparable à celle de nos chiens, tous issus du loup (de récentes recherches génétiques viennent de le démontrer) ? Pas du tout ! Nous assistons au contraire à un appauvrissement génétique et à une standardisation, assez calamiteux du point de vue biologique ; et même, aujourd’hui, à une certaine dégénérescence, également calamiteuse du point de vue tauromachique. Pourquoi ?

La « demande » évolue de façon univoque : elle élimine au lieu d’ajouter. » (Source : le site toro-genese.com)

« C’est un animal très agressif qui se bat constamment avec ses congénères et qui charge tout ce qui bouge sur son territoire » : allons ! Même si effectivement les taureaux peuvent parfois s’affronter entre eux, comme beaucoup d’autres espèces animales, dont l’homme… le principal de leur temps est occupé à autre chose. Et les éleveurs ont rarement l’obligation de les isoler les uns des autres. Ce sont des animaux grégaires qui vivent en troupeau, et n’ont pas pour préoccupation principale la destruction du troupeau qui constitue leur véritable famille. Comme beaucoup d’autres animaux les taureaux peuvent être amenés à réagir lorsqu’ils se sentent menacés ou que leur territoire est envahi. Cela arrive même à des vaches qui n’ont rien « de combat » ! La réaction première de ces animaux dans la majorité des case reste la fuite et l’évitement. Seule une minorité est jugée par les éleveurs et organisateurs de corridas apte à être présentée dans les arènes, et parmi cette minorité les cas sont fréquents d’individus cherchant avant toute chose à fuir leur tortionnaire et à s’échapper de l’arène ; allant jusqu’à tenter (et parfois réussir) de sauter au dessus des palissades pour chercher une issue par le calejon ou dans les gradins  !

Un taureau peut également interagir pacifiquement avec l’homme, il n’est pas condamné à l’agression et au combat. Le cas désormais célèbre de Fadjen (http ://www.sauvons-un-taureau-de-corrida.com/), ce taureau qui a fêté il y a quelques temps son 4ème anniversaire (et est arrivé à l’âge où ses congénères survivants sont destinés à agoniser lentement dans les arènes) est là pour montrer la force du lien qui peut unir ce si noble animal et l’homme.

« l’homme ne l’a jamais vu » : taureaux et éleveurs vivent donc dans des univers séparés ? Jamais le taureau ne reçoit donc de soins vétérinaires au cours de son existence ? Jamais l’homme n’intervient sur son territoire dans un but d’entretien ou pour le nourrir en complément de l’alimentation disponible sur place ? Jamais un organisateur ou un torero ne vient rendre visite à un élevage, regarder un troupeau ou jauger des qualités et réactions de ses éventuels futurs adversaires ? On touche là au ridicule…

C’est chaque mot, chaque phrase de ce tract heureusement court qui pourraient ainsi être soumis à la critique et à la réfutation.

Finalement, à Fréjus, dans les tracts de désinformation comme sur les affiches ou dans le déroulement des spectacles tauromachiques, c’est la confusion et l’erreur qui règnent. Même si ils prétendent célébrer ainsi un « toro brave » fantasmatique, les aficionados ne méritent pas de « bravos » !