Un célèbre photographe taurin interdirait les corridas.

Enrique VillasenorLe photographe Mexicain Enrique Villasenor a été un grand aficionado et maintenant  il est abolitionniste, ou comme il préfère évolutionniste : « J’en suis arrivé à un moment de ma vie où je ressens plus la douleur d’un animal qui souffre que le plaisir que j’ai pu avoir ».
Entre 1933 et 1994 Villasenor a réalisé dans les célèbres arènes de Mexico un essai en photographie intitulé « Toute la vie et toute la mort »Selon ses mots « une évocation de la fête du courage à la limite de l’art, de la beauté, de la culture et de la barbarie.

Nous publions quelques photos de cette série et une interview de son auteur. Nous mettons en valeur la possibilité d’évoluer depuis la culture d’origine reçue vers l’honnêteté de la remise en question.

Enrique Villasenor est un photographe, journaliste et architecte Mexicain. Il a été président du Conseil.

Mexicain de la photographie. Il a fondé et développé l’exposition bisannuelle de photo-journalisme à Mexico, qui a déjà connu six éditions. Il est le promoteur du forum ibéro-américain de photographie, dont il a été le directeur académique. Comme représentant du SELA (Système Economique Latino-américain et caribéen) il a réalisé des reportages et des documentaires sur toute l’ Amérique latine. Il a également participé à des expositions individuelles et collectives sur les cinq continents, et a représenté le Mexique dans de prestigieux concours internationaux de photographie. Il prépare actuellement une série de publications multimédia sur la photographie, l’architecture et le multimédia avec l’Université Nationale Autonome de Mexico (UNAM)

Pourquoi votre essai photographique Toute la vie, toute la mort  ?

– La photographie est avant tout un moyen de communication. Elle communique ce que tu vis. Je ne peux concevoir de photographe dont la photographie est séparée de sa vie. Quand c’est ainsi il s’agit d’une photographie non aboutie, qui s’est arrêtée à mi chemin , car c’est ce que tu es qui se connecte avec le public. J’ai toujours considéré la tauromachie comme l’expression d’une culture, d’un art, d’un témoignage de ce qu’est la société dans l’histoire.

Au delà des couleurs, de la musique, ces images m’ont donné beaucoup de plaisir.

Allez-vous toujours aux corridas ?

– Non, je n’y vais plus.

Pourquoi ?

– Parce que je suis arrivé à un moment de ma vie où je ressens plus la douleur d’un animal qui souffre que le plaisir que j’ai pu avoir.

Parlez-moi de ce plaisir…

– C’est un mélange d’éléments qui donne un résultat esthétique et émotionnel. J’ai profité de ces contradictions : la beauté et la cruauté, la culture et la barbarie, tant et si bien que dans mon adolescence j’ai voulu être torero. Je n’y suis jamais arrivé.

J’ai toréé des vachettes et cela n’a pas été une source de plaisir. Cela a constitué une étape où j’ai senti que la tauromachie était pour moi liée à un rêve qui m’a amené à bénéficier d’une série de valeurs esthétiques : la danse, la musique, la poésie, la peinture. Il y a aussi un lien entre l’histoire et les conflits sociaux : A l’époque de l’Espagne franquiste par exemple la corrida servait à calmer la violence du moment, d’une certaine manière.

Avec les corridas canalise-t-on une violence qui, si non, pourrait se tourner contre les humains ?

– Je en sais pas. J’ai beaucoup pensé à la violence naturelle de l’homme. D’une façon ou d’une autre l’enfant est violent dans son innocence. Il dépasse peu à peu cette violence que nous, adultes, transformons en une pensée plus rationnelle. A un moment j’ai pensé que la tauromachie pouvait exprimer ces impulsions naturelles, mais j’ai des doutes.

Que pensez-vous des enfants qui assistent à ce spectacle ?

– Ce n’est pas un spectacle pour enfants. On ne doit pas inciter un enfant à y aller.

Seriez-vous pour l’interdiction de l’entrée des mineurs aux arènes ?

– Oui, je suis d’accord qu’ils n’y assistent pas, bien sûr. Donc s’il faut qu’on l’interdise, qu’on le fasse.

Que pensez-vous des écoles taurines où très jeunes des enfants apprennent à toréer des animaux aussi très jeunes ?

– Je crois que les écoles taurines frisent le ridicule . Il est impossible qu’un enfant puisse comprendre la tauromachie, qui ne se résume pas à prendre sa petite cape et faire un petit tour. La tauromachie est liée à ce qui se passe dans ton milieu, dans ton pays, dans ta famille. L’enfant est forcé à faire quelque chose à quoi il n’est pas préparé. Cela me paraît une aberration.

Si on n’apprend pas à toréer enfant est-il possible d’apprendre à l’âge adulte ?

– Bien sûr. Mais si cela change, si cela évolue, les enfants ne voudront plus faire cela, ils feront d’autres choses : de la musique, de la peinture… Mettre en évidence la conscience évolutionniste envers ces enfants est une bonne chose. Car nous les adultes nous sommes déjà empoisonnés comme disent les aficionados : je ne pourrai jamais plus faire des cabrioles et sentir le plaisir du combat avec le taureau à travers ces « revoleras » (passes à une main), « medias veronicas » (passes à deux mains pour faire changer le taureau de place). Je mourrai avec cela, je me fais à l’idée que je devrai renoncer à cela. C’est comme l’idée que je ne peux pas manger de crevettes, même si je les adore, parce qu’elles me donnent des allergies

Que croyez-vous que nous devons faire maintenant ?

– La situation du monde est en train de changer. Mon pays par exemple est en train d’être détruit par la violence. Dans la « fiesta brava » comme dans d’autres aspects de la culture mexicaine (les combats de coqs, les combats de chiens) il existe une grande violence. Et je crois que c’est le moment d’en terminer avec toutes ces manifestations de violence, quelles qu’elles soient.

Doit-on interdire les corridas ?

– Oui, mais il ne s’agit pas de rompre. On ne devrait pas considérer cela comme une disparition, mais comme une évolution. C’est pourquoi je ne dis pas abolitionniste mais évolutionniste. Comment ? Avec l’interdiction, car les choses évoluent à travers les lois.

Croyez-vous que la tauromachie du XXIème siècle soit une tauromachie de musée, qu’elle doive rester dans les musées ?

– C’est une possibilité pour cette évolution. J’imagine une tauromachie virtuelle, digitale, ou peut être représentée. La tauromachie de salon (avec un taureau imaginaire) est très belle. Moi qui n’ai plus ni la taille, la prestance ou l’allure d’un picador je me mets à combattre avec un taureau imaginaire et j’en profite. Je crois qu’au Portugal on leur met des petits coussins au garrot pour leur planter des banderilles. Mais la base de la tauromachie se perd car elle est liée à ce rythme, à ces étapes des banderilles, du picador.

Si on éliminait les banderilles ou le picador, le taureau ne s’affaiblirait pas et ne serait pas si vulnérable.

– Toréer serait alors impossible.

Savez-vous ce qui est en train de se passer en Espagne avec le gouvernement actuel qui encourage et exalte la tauromachie à travers des lois, des mesures de protection et des subventions ? Ils vont jusqu’à envisager que l’UNESCO puisse déclarer la tauromachie comme Patrimoine Immatériel de l’Humanité.

– Il y a 2 facettes. On peut comprendre comment à partir d’une analyse professionnelle, de la signification historique parce que l’Histoire est un patrimoine (si tu écoutes un poème de Gabriela Ortega sur la mort de Manolete, c’est un patrimoine historique évidemment). Mais si tu le fais pour attirer les touristes ça devient un outil économique qui n’a plus de sens. Je ne connais pas les détails, mais je peux supposer que la motivation du gouvernement espagnol est liée en grande partie au patrimoine économique que détient ce monde de la corrida. Que se passerait-il en Espagne s’il n’y avait pas de corridas ? Où emmènerait – on  les touristes ?

Il y a des gens qui paient une cotisation pour protéger les baleines, les pandas… Ces gens deviendraient-ils fondateurs d’un sanctuaire de taureaux de combat ?

– Oui, bien sûr. Mais les éleveurs devront-ils élever et faire se reproduire les taureaux de combat de la célèbre race « miuras » pour que les touristes puissent les voir ?

Vous n’iriez pas voir des taureaux dans les pâturages s’il s’agissait d’espaces protégés ?

– Si. Ce sont de très beaux endroits. Mais je n’irai jamais plus voir des taureaux dans des manifestations taurines. Le taureau de combat est un animal construit artificiellement par l’homme pour finir son existence dans les arènes. Son comportement doit être très différent de celui qu’il devrait avoir naturellement dans les pâturages. Ce comportement est impressionnant.

C’est le comportement de quelqu’un que l’on provoque violemment ?

– Oui, évidemment.

Croyez-vous que cette violence de la tauromachie vienne d’une visions du monde machiste ?

Je connais le monde taurin et le machisme et l’ignorance sont ses principales caractéristiques. Il y a énormément d’ignorance. Il y a très peu d’analyse, et de la superstition à outrance. Mais on ne peut pas juger sans savoir car dans le peuple il y a beaucoup d’ignorance également, mais aussi beaucoup de sagesse. Le paysan n’a pas besoin d’aller à l’université pour être sage. « Je t’achèterai une maison quand j’aurai réussi » disait El Cordobés à sa mère, ou, « tu porteras le deuil pour moi ».  C’est quelque chose de profond et de très intense.

Le titre de mon essai photographique « Toute la vie, toute la mort », est une phrase de Louis Spota, auteur du roman « La faim donne plus de coups de cornes », qui raconte l’histoire d’un piètre torero.

Les chevaux sont les grands oubliés de la douleur de la tauromachie. Nous nous référons toujours à la souffrance des taureaux. Est-ce la raison pour laquelle vous aviez voulu photographier des chevaux ?

– Non. J’étais un journaliste graphique, je rédigeais des nouvelles sur la « fiesta brava » et j’ai essayé de faire un essai visuel. Je n’avais même pas les noms des toreros, je ne m’en suis jamais inquiété. C’est un très long essai comportant des milliers de photos. Les essais sont des travaux qui demandent beaucoup de temps à penser, méditer, planifier, comme celui que j’ai réalisé sur la paralysie cérébrale, qui m’a pris quinze ans de préparation. Par contre c’est l’essai sur les chevaux qui a été le plus court. Il ne m’a pris que quinze à vingt minutes. J’étais dans les arènes quand j’ai vu qu’on arrosait ces chevaux avec une lance à incendie dans une cour intérieure et on leur jetait de l’eau et de grosses gouttes leur tombaient dessus. Le soleil les illuminait d’une telle façon que je pensais que c’était merveilleux. J’ai oublié les taureaux, la corrida, j’ai oublié les chevaux et j’ai tout oublié. Ce qui était merveilleux c’était les gouttes d’eau et le soleil.

Pourquoi vos photos sont-elles en noir et blanc ?

– Tout mon essai sur les corridas est en noir et blanc, car le noir et blanc est une forme de communication qui n’apporte pas la distraction que procure la couleur. Il semble que la couleur soit très importante mais je profite de la beauté du noir et blanc. Je vois depuis le début les photos en couleur ou en noir et blanc. Maintenant avec le numérique on peut faire une photo couleur et la passer ensuite en noir et blanc, mais on doit l’avoir vue en noir et blanc.

C’est curieux car avec le noir et blanc on ne voit ni les couleurs de l’habit de lumière ni le sang du taureau…

– Non, mais on voit l’essentiel : le soleil et l’ombre, la lumière et l’obscurité, la beauté et l’horreur. Si je vois les couleurs de la cape, qui sont très belles, je me laisse distraire et ne vois pas ces contrastes.

Croyez-vous que le moment est venu où les aficionados et anti-corridas puissent s’assoir ensemble et parler de façon raisonnable ? Est-ce que cela servirait à quelque chose ? Il y a deux camps, et il y a une guerre.

– On doit partir d’un rapport commun. Chacun de son côté a des armes très puissantes contre l’ennemi mais on ne va pas en arriver à une quelconque conclusion car l’arme la plus puissante est l’économie. On ne va pas changer les choses par idéologie. Difficile aussi de trouver une conciliation. Si nous recherchions le dialogue, cela serait très productif dans le domaine social, idéologique et émotionnel. Mais à partir du moment où les camps ne sont plus d’accord et qu’un d’entre eux commence à perdre de l’argent, l’accord est terminé. Le problème est que les intérêts économiques sont plus forts que les intérêts idéologiques.

Quelle est la situation de la tauromachie au Mexique ?

– Les groupes de pouvoir sont en train de faire plus pour la disparition de la « fiesta brava » (la corrida) que les évolutionnistes. Avec la commercialisation et la corruption, Herrerias (Rafael Herrerias Olea, directeur des Arènes Monumentales de Mexico depuis 1992) est en train de blesser à mort la tauromachie. Seuls ces groupes vont mourir.

En Espagne la tauromachie vit des subventions et les plus grands cas de corruption sont liés de façon plus ou moins importante au commerce de la corrida : Malaya, Gurtel.

– Si nous faisions des recherches sur l’économie de la corrida, nous aurions de grandes surprises sur la provenance de son argent. Personne ne peut expliquer comment il est possible de garder cette armée d’employés dans les Arènes de Mexico, qui sont vides car les affiches ne donnent pas envie d’y aller. L’aspect économique est un point d’analyse important pour l’évolution. Economiquement parlant les pro corrida sont très puissants. C’est pourquoi j’insiste sur la nécessité de fermer les arènes aux enfants. C’est une nécessité et une stratégie : interdire l’accès aux mineurs.

Comment votre entourage vit-t-il votre évolution personnelle ?

Je reçois des attaques très violentes. Certains de mes amis taurins me disent que je suis en train d’adopter une position pratique, politiquement correcte, dans un lieu où je n’ai pas de problèmes.

Cependant je suis en train d’ouvrir une voie car d’autres amis , y compris des photographes taurins, me donnent raison et me disent qu’ils ressentent la même chose concernant la souffrance des animaux. La tauromachie est une source d’inspiration, une source de jouissance, de plaisir. Mais aussi, sans doute, une source de douleur. Le dilemme se trouve dans l’union de l’esthétique et de l’éthique : si au mot esthétique on enlève quelque lettres ce mot devient  éthique ; et au contraire si on ajoute quelques lettres à éthique on obtient simplement esthétique.

Sofie, traumatisée à 5 ans dans l’arène !

25346_1248843980842_7373141_n (2)C’est le hasard qui nous a amené à faire la connaissance de Sofie. D’origine espagnole et installée dans le sud de la France, Sofie, jeune femme de 34 ans, consacre sa vie professionnelle à l’assistance aux personnes handicapées moteur. En passant devant un stand d’information anti-corrida, Sofie a voulu en savoir plus sur les actions des opposants à la corrida. Au fil de la conversation qui s’est alors engagée elle a souhaité nous faire part de son expérience enfant, lorsqu’elle a été confrontée à l’âge de 5 ans à cette pratique ultra-violente.

Nous lui avons proposé de recueillir son témoignage et de le publier. Elle a accepté sans hésiter, espèrant que son récit puisse ainsi servir à d’autres.
– Quel âge aviez-vous lorsque vous avez été confrontée à une corrida ?

J’avais 5 ans.

– Avez vous été entrainée à y assister par un ou une proche ?

C’est ma tante qui vit en Espagne depuis toujours qui a eu cette « excellente » idée pour passer un aprèsmidi !

– Pouvez vous nous décrire ce que vous y avez vu, du moins vos souvenirs ?

Évidemment je ne me souviens pas de tout. J’ai des images flash de ce qui m’a le plus choqué. Il faisait très chaud, il y avait beaucoup de monde, c’était compliqué de s’asseoir…

Un taureau est entré dans l’arène. Moi, tout ce que je comprenais, c’était qu’un homme le poursuivait… Lorsqu’il a planté la première banderille, je me suis mise à hurler et à pleurer. Ma tante a été obligée de me sortir et de me ramener à la maison.

– Vous a-t-on expliqué à l’époque ce qui se passait dans l’arène ? Ce qu’il en était du taureau ? Les raisons de ce spectacle ?

Oui on ma dit « tu vas voir c’est très joli, c’est un beau spectacle. Les enfants s’amusent beaucoup »…

– Quel impact cela a-t-il sur vous ensuite ?

Une hypersensibilité par rapport à tous les actes de cruauté envers les animaux. Ça a été la source de nombreux cauchemars durant toute mon enfance.
Et j’ai aussi ressenti de la colère… envers les hommes qui pratiquent cette barbarie. Et de l’incompréhension.

– Quelles sont vos impressions aujourd’hui quand vous repensez à cette expérience ?

Je pense que c’est un endroit totalement inadapté pour un enfant. Cela peut créer de graves traumatismes ou rendre les enfants avides de combats et de maltraitance animale.
Tous les actes de cruauté envers les animaux représentent des images difficiles à effacer.

– Que pensez-vous des parents qui emmènent leurs jeunes enfants assister à une corrida ?

Je n’aime pas juger les gens. Mais je pense quand même qu’il y a des sorties beaucoup plus adaptées… Si la barbarie et la souffrance ne posent pas de problèmes aux parents… voir agoniser un animal qui n’a rien demandé… pour quoi faire ? Pour le plaisir !

L’enfant doit en retenir quoi ? Que le sadisme fait partie de la nature humaine ? Pitié…

– Certains aficionados incitent publiquement (notamment via une émission de radio) les parents à emmener leurs enfants voir des corridas, en expliquant qu’il s’agît là d’un geste de prosélytisme pour l’avenir de la tauromachie et que la corrida est une école de la vie pour les enfants. Trouvez-vous cette attitude responsable ?

Non pour les raisons que j’ai évoquées plus haut.

Je suis Catalane : en Catalogne les corridas sont interdites. On ne les justifie plus par le folklore ou la tradition. C’est fini.

« Une école de la vie »… Ces gens sont fous.

– Récemment, une commission de l’ONU a émis une recommandation (à destination du Portugal, mais le tour de la France viendra…) visant à éloigner les enfants des corridas ainsi que des écoles taurines. Pensez vous qu’une initiative émanant d’une organisation reconnue et aussi importante que l’ONU puisse faire évoluer les mentalités sur ce sujet ?

Oui. Je le souhaite de tout coeur. Je trouve aberrant et lamentable qu’il y ait des corrida en france, ainsi que des écoles taurines. Nous ne sommes pas en Espagne ; si, là bas, on peut éventuellement parler de tradition, je ne vois pas le rapport en France ! J’espère que les mentalités changeront, mais je suis consciente qu’il y a beaucoup de chemin à parcourir.

Merci Sofie.

Si la préservation des enfants face à la violence et aux images de grande cruauté parait être une valeur partagée par tous, dès que l’on en vient à aborder la problématique de l’accès des enfants à la corrida, nombre d’aficionados (pourtant eux mêmes concernés, père, mère, grand-père ou grand-mère) oublient immédiatement toutes ces considérations pour faire de la barbarie tauromachique une « exception » qui n’aurait pas à être concernée par ces considérations de morale, d’éthique et de respect de la sensibilité des enfants. Bien au contraire, certains aficionados mettent en avant une valeur éducative apportée par le spectacle de veaux ou jeunes taureaux torturés, battus et mis à mort ! Là où tout voudrait que l’on éloigne les personnalités les plus fragiles et influençables de spectacles faisant l’apologie de la violence, ces valeurs de simple bon sens éducatif sont balayées du revers de la main dès que l’on aborde la présence des enfants dans les arènes.

Dans une interview accordée au Midi Libre, le professeur Hubert Montagner (membre du comité d’honneur de la FLAC) abordait ce sujet et déclarait :

« Il est évident que le spectacle de la corrida est une forme de violence pour les plus vulnérables, pour les plus fragiles, pour ceux qui sont dans l’insécurité affective. Avec mes collaborateurs, au cours d’une partie de nos recherches sur les interactions entre l’animal familier et l’enfant, nous nous sommes rendu compte à quel point un enfant peut être en détresse, inconsolable, dès lors qu’il voyait que son animal était maltraité. (…)

L’enfant est spectateur des blessures et des souffrances qui sont infligées au taureau qui n’a rien demandé. Cela trouble beaucoup d’enfants. C’est très destructeur en ce qui concerne la perception que l’enfant a des animaux et aussi la perception qu’il peut avoir des relations entre les hommes et les animaux. Ce n’est pas cela qui peut lui donner confiance dans les relations humaines. Je ne vois pas ce que cela peut lui apporter dans son développement vers l’âge adulte. (…)

Il est du devoir de la société humaine de soustraire les enfants aux spectacles de violence. « 

Le témoignage de Sofie est là pour confirmer les propos du professeur Montagner. Il renforce encore notre détermination à obtenir l’interdiction de la corrida aux enfants de moins de 16 ans, et notre dénonciation des scandaleuses écoles taurines, où l’on enseigne aux enfants à torturer et mettre à mort des animaux.

Nous vous invitons à lire également le témoignage de Marina

La FLAC présente aux journées d’été d’EELV !

eelvAprès sa présence aux Journées d’été d’EELV l’année dernière à Marseille, cette année, la FLAC tiendra de nouveau un stand aux Journées d’été d’Europe Ecologie les Verts qui se tiendront du 21 au 23 août prochain à Bordeaux. Cette présence est annoncée officiellement sur le site d’EELV.

Et, fait exceptionnel, cette année, nous aurons la chance et l’honneur d’avoir parmi nous l’écrivain et psychanalyste Isabelle NAIL, auteur du livre courageux et iconoclaste « Ni art ni culture ». Il faut savoir que durant la période où Isabelle NAIL commença à écrire son livre, elle était Conseillère municipale EELV à Dax…

CorridzaCette année, à l’occasion de ces journées d’été, EELV fêtera le 40 ème anniversaire de sa première élection présidentielle dont le représentant à l’époque était René DUMONT.

Par conséquent, tous les ténors d’EELV ainsi que de nombreux journalistes seront présents : des anciens Ministres, des Députés dont la parlementaire Laurence ABEILLE, dépositaire d’une Proposition de Loi pour l’abolition de la corrida à l’Assemblée nationale.

Il est réjouissant de penser que lors des débats organisés officiellement sur la corrida qui s’articuleront autour du livre d’Isabelle NAIL, notre cause sera belle et bien présente lors de cet événement politique de haute importance. Ce sera une première !

 

Censure et pornographie taurine !

Du 2 au 8 août prochain, une exposition tauromachique aura lieu à la salle des Hyppocampes à Valras-Plage.

Seulement voilà, comme vous pourrez le constater grâce à cet article d’Hérault Tribune, le pastel « Pourquoi ? » du peintre agathois Thierry Hély y sera scandaleusement censuré !

Quelques semaines auparavant, du 16 au 20 juillet, une même exposition se déroula à la salle Toréart de Mont-de-Marsan. Mais avec comme unique exposant, le peintre de renom Jean-Paul Chambas. Parmi ses oeuvres, on pouvait y voir des dessins d’une obscénité inouïe et particulièrement dégradants pour l’image de la femme… A tel point que nous n’osons même pas vous les décrire… Et cela, sans précaution, à la vue des enfants qui pouvaient assister à cette exposition. Quelle image de la femme vont-ils  retenir ? 
Mais là, point de censure…

Conclusion :  à Valras-Plage, la seule question « Pourquoi ? » déchaîne les foudres de la censure, et à Mont-de-Marsan, des dessins obscènes et avilissants, sous prétexte mythologique d’enlèvement de l’Europe par Zeus, sont acceptés et exaltés !

Il faudra que les aficionados et leur étrange univers mental nous expliquent cette aberration absolue ?

Ci-dessous :  grâce à un lien, quelques échantillons de ces dessins en question, puisqu’ils étaient publics, avec deux articles consacrés à cette censure et à ces illustrations de Jean-Paul Chambas qui réjouiront au plus haut point les féministes…

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Revue de presse

La Galice en route vers l’interdiction aux moins de 12 ans ?

galiciaEn Galice (Espagne), la corrida serait tout d’abord interdite aux enfants de moins de 12 ans !

C’est en effet ce qui semble s’annoncer en Galice (lire en espagnol cet article ou celui-là). L’interdiction de l’accès aux corridas pour les enfants de moins de 12 ans faisant partie d’une proposition de loi plus générale visant à préserver les plus jeunes des manifestations et spectacles violents et/ou « à risque ». Cette loi est désormais dans l’attente d’une validation par le parlement pour être effective…

En parallèle de cette avancée considérable qui se profile dans cette province d’Espagne, le BNG (nationalistes galiciens), soutenu par d’autres formations présentes au parlement a demandé l’interdiction de la corrida aux enfants de moins de 16 ans.

Les partis et parlementaires soutenant la proposition du BNG (proposition faisant partie de la campagne « Infancia sin viOLÉncia ») s’appuyaient notamment sur la récente recommandation de l’ONU à l’attention du Portugal et demandant d’éloigner les enfants des spectacles de corrida ainsi que des écoles taurines.

Le Parti Populaire (conservateur), majoritaire au parlement de Galice, a rejeté cette demande. Refus de donner suite – pour le moment – justifié par le fait que loi visant a interdire l’accès aux corridas aux moins de 12 ans a été acceptée et attend sa validation prochaine.

Nul doute que la demande d’interdiction aux moins de 16 ans reviendra très prochainement dans les débats, lorsque la commission onusienne chargée des Droits de l’Enfant se penchera à son tour sur la situation de la corrida en Espagne.

En France, la FLAC s’est fait l’écho de la très importante prise de position de l’ONU et a obtenu que cette avancée pour notre cause soit relayée par la presse.

Le petit monde de la tauromachie française semble lui particulièrement silencieux sur ce sujet, tant la question si sensible de la présence et la participation des enfants aux actes de cruauté et sévices graves infligés aux animaux dans les arènes et les écoles taurines pose problème ! Là aussi, la commission de l’ONU en charge du dossier de l’enfance (et particulièrement sensible à la violence tauromachique) ne manquera pas de se pencher prochainement sur le cas de la France. La FLAC veillera et mobilisera toutes ses forces et celles de ses partenaires afin d’obtenir gain de cause.Difficile en effet d’accorder la moindre valeur « éducative » ou éthique à la corrida lorsqu’on va au delà du décorum et de la mise en scène à prétention « artistique ».

Ce lien édifiant est suffisamment explicite…