Raphaël Glucksmann signe le manifeste de la FLAC

Raphaël Glucksmann naît le 15 octobre 1979 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

Ancien élève du lycée Henri-IV, il entre en 1999 à l’Institut d’études politiques de Paris. En mars 2003, encore étudiant, il fonde avec une dizaine de personnes, et l’aide de son père, le philosophe André Glucksmann , et ses amis, l’association Études sans frontières (ESF), ce qui permet le 20 septembre 2003 à neuf étudiants venus de Tchétchénie d’étudier dans des écoles et universités parisiennes.

Il a été le conseiller du président de la Géorgie entre 2004 et 2013, avant de revenir à Paris. À la rentrée 2017, Raphaël Glucksmann est chroniqueur dans Questions politiques, émission d’Ali Baddou diffusée chaque dimanche sur France Info et France Inter. De décembre 2017 à la fin de l’été 2018, il est directeur de rédaction du Nouveau Magazine littéraire, qui se présente comme une revue de débats de la « gauche hors les murs » et qui vient d’ouvrir à son capital à 40 % à quatre actionnaires externes, parmi lesquels Bruno Ledoux et Xavier Niel. Il met un terme à ses activités professionnelles après la fondation de Place publique, en octobre 2018, avec d’autres personnalités du monde associatif et politique. Ce même mois, il publie Les Enfants du vide, un essai dans lequel il dénonce l’échec des politiques libérales qui ont, selon lui, conduit à une crise démocratique, à une catastrophe écologique, à une rupture des liens sociaux et au développement excessif de l’individualisme. Il quitte France Inter début décembre 2018 pour se consacrer à son parti politique. Son but est d’unifier la gauche en vue des élections européennes, mais sa proposition échoue. Le Parti socialiste lui confie la tête de liste d’une alliance avec Place Publique et Nouvelle Donne. Il est élu Député européen en mai 2019, puis désigné Vice-président de la sous-commission des droits de l’homme du Parlement européen.

En signant le manifeste de la FLAC, le philosophe montre qu’il a été sensible aux arguments de son président qui l’a sollicité pour soutenir un combat essentiel : le refus de la présence des enfants dans les arènes lors de corridas. Thierry Hély a également souligné, qu’en Espagne, le plus farouche défenseur de la corrida n’est autre que le parti d’extrême droite, VOX, contrairement à la gauche au pouvoir qui lui est très hostile.

Rappelons que ce manifeste a déjà été signé par de nombreuses personnalités politiques, parmi lesquelles : Michel Rocard, Simone Veil, François Rebsamen, Laurence Rossignol, Nicolas Hulot, Yannick Jadot, Eric Piolle, Elisabeth Badinter et tous les responsables d’EELV dont Julien Bayou. Anne Hidalgo s’était également exprimée publiquement contre cette présence d’enfants lors de corridas.

La FLAC et, plus largement, notre cause, remercie très chaleureusement Raphaël Glucksmann pour son soutien dans cette lutte éthique !

 

Interviews de quatre élus EELV aux Journées d’été de Toulouse, août 2019

Interviews de quatre élus EELV au sujet de la corrida réalisées au mois d’août 2019 à l’occasion des Journées d’été d’EELV à Toulouse. La FLAC y tenait un stand.

Les élus sont Damien Carême, député européen, Jacques Boutault, maire EELV du 2ème arrondissement à Paris, Claude Gruffat, député européen et Gérard Onesta, conseiller régional d’EELV en Occitanie.

La FLAC et No Corrida dans un article très complet de 30 Millions d’amis sur Covid-19 et tauromachie

La revue en ligne de la fondation 30 Millions d’Amis a consacré une enquête très complète consacrée à l’impact de la pandémie de Covid-19 sur la tauromachie, principalement en France, en Espagne et au Portugal. No Corrida et la FLAC sont largement citées, ainsi que AnimaNaturalis (Espagne) et Animal (Portugal).

En voici le début :

Déjà en fort déclin en France et dans les autres pays tauromachiques, la corrida subit une avalanche d’annulations engendrées par les mesures contre le Covid-19. Les organisations taurines françaises et espagnoles sollicitent des compensations qui leur sont, pour le moment, refusées… La crise sanitaire va-t-elle mettre fin à une pratique désavouée par l’opinion publique ? 30millionsdamis.fr fait le point.

Le silence des arènes se fait assourdissant pour le monde taurin. Déjà en proie à une crise économique déjà présente depuis de nombreuses années, le secteur de la tauromachie est exsangue face au tsunami d’annulations en série liées aux mesures de confinement nécessaires pour endiguer la propagation du Covid-19 qui pourrait porter l’ultime estocade à la corrida.

L’article complet en cliquant ici : La crise sanitaire portera-t-elle l’estocade finale à la corrida ?

 

Les taurins s’indignent de ne pas avoir été prévus dans les aides à la Culture en Espagne

La Fondation Toro de Lidia (FTL) et l’ANOET (Association nationale des organisateurs de spectacles taurins, présidée par Simon Casas) s’indignent de l’absence de mesures spécifiques pour la tauromachie dans les annonces récentes faites par le gouvernement espagnol. Ces deux organismes, au nom du secteur taurin dans son ensemble, ont envoyé des lettres au ministère de la Culture exigeant un traitement similaire à celui des autres industries culturelles en Espagne.

Victorino Martín, président de la FTL, déclare : « Nous ne voulons pas d’un traitement privilégié, mais nous ne voulons pas non plus être discriminés par rapport aux autres industries culturelles. Nous sommes un secteur qui a toujours donné beaucoup et reçu très peu. Nous exigeons un traitement équitable, ni plus ni moins, un traitement similaire à celui des autres industries culturelles et conforme à l’importance de la tauromachie en tant qu’expression culturelle en Espagne ».

La FTL a également souligné « l’absence totale de programmes de soutien spécifiques au secteur, conformes à ceux approuvés pour d’autres industries culturelles ». Le 2 mai, le secteur de la tauromachie a envoyé au ministère de la Culture un document contenant 37 mesures de soutien à la tauromachie, un document signé par toutes les associations professionnelles du monde de la tauromachie et plus d’une centaine de groupements civils de toute l’Espagne, qu’ils espèrent voir approuver par le ministère dans les prochaines semaines. La FTL a contacté de hauts responsables du ministère de la Culture, qui se sont engagés à continuer de progresser sur le document soumis, en apportant des solutions aux mesures proposées.

Pour sa part, l’ANOET a adressé au gouvernement la lettre suivante soulignant la discrimination à l’encontre du monde des taureaux : « L’absence de mesures de soutien au secteur taurin dans le décret royal 17/2020 du 5 mai approuvant des mesures de soutien au secteur culturel et de nature fiscale pour faire face à l’impact économique et social de COVID- 2019 constitue une décision d’omission aussi injuste qu’irresponsable. »

L’ANOET, en tant qu’association patronale des industries culturelles de la tauromachie et représentant du secteur de la tauromachie, a déclaré : “Nous exprimons notre plus grand mécontentement et inconfort face à une décision du ministère de la Culture, en tant que promoteur des mesures de soutien au secteur culturel, adoptées malgré les demandes qui vous ont été expressément adressées en tant que ministre du secteur taurin les 23 mars et 2 mai derniers. On ne peut concevoir quelles raisons propres ou de tierces parties auraient pu conduire le ministère à exclure des mesures de soutien au secteur culturel un secteur qui a subi, comme tous les autres, l’impact économique soudain découlant de la réduction de l’activité économique. et socialement sur une base temporaire, de la restriction de la mobilité et de l’arrêt d’activité provoquée par les mesures de confinement adoptées pendant la crise sanitaire.

Les corridas font également partie des espaces culturels paralysés mentionnés dans la R.D.L. 17/2020, et les professionnels de la tauromachie sont condamnés, comme tous les autres professionnels de la culture, à une perte drastique de revenus et à une situation critique, aggravée par leur condition d’activité saisonnière et, néanmoins, le gouvernement a décidé d’une proposition dans laquelle le ministère exclut par défaut le secteur taurin des mesures de soutien prévues pour le reste de ceux intégrés dans le secteur culturel .Pourquoi ?

La décision d’exclure la tauromachie des mesures de soutien approuvées est une décision extrêmement injuste et sectaire, car elle accorde un traitement inégal et préférentiel au reste des secteurs de la culture par rapport au secteur taurin, ce qui fait l’objet d’une discrimination en violation du principe de égalité inscrite à l’article 14 de la Constitution espagnole et une méconnaissance des obligations assumées par l’État espagnol par les lois 18/2013, du 12 novembre, pour la réglementation de la tauromachie en tant que patrimoine culturel, et 10/2015, du 26 mai , pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

Le ministère de la Culture n’est-il pas au courant que la tauromachie fait partie du patrimoine culturel digne de protection sur l’ensemble du territoire national, conformément aux réglementations applicables et aux traités internationaux en la matière ? Est-ce ainsi que le gouvernement entend garantir la conservation de la tauromachie et promouvoir son enrichissement, conformément aux dispositions de l’article 46 de la Constitution ?

Mais l’indignation qui nous submerge découle surtout de l’irresponsabilité d’une décision par omission qui est adoptée après avoir déclaré, dans l’exposé des motifs de la R.D.L. 17/2020, l’importance du secteur culturel dans l’ensemble du P.I.B. par référence à l’année 2017, en omettant que la contribution de l’industrie culturelle de la tauromachie au même P.I.B. cette année-là, elle était de 0,36 % (4,5 milliards d’euros), soit la moitié de celle réalisée par les secteurs du livre et de la presse et de l’audiovisuel et du multimédia (dans laquelle elle affiche également son effet positif) et plus du double du celui des arts plastiques, des arts du spectacle et du patrimoine, des archives et des bibliothèques. Les secteurs font tous l’objet de mesures de soutien dans la R.D.L. 17/2020.

La contribution de la tauromachie à la richesse nationale mérite-t-elle moins d’attention et de protection que celles des autres secteurs culturels ? Le ministère ou le gouvernement ne se soucient-ils pas des droits des travailleurs, des professionnels et des employeurs du secteur taurin ou de leurs familles ? Monsieur le ministre, messieurs du gouvernement : si l’erreur est humaine, rectifier est divin. Vous rectifierez dans les meilleurs délais la décision injuste et irresponsable d’exclure le secteur taurin des mesures de soutien au secteur culturel approuvées, par son inclusion immédiate dans le texte de celui-ci dans les mêmes conditions prévues pour le reste des secteurs culturels. N’aggravez pas la situation délicate de la tauromachie, tombant dans la tentation de profiter de la circonstance tragique que nous traversons pour continuer à lui nuire.

Source (en espagnol) : El Mundo
Adaptation en français : RL

Une pratique qui ne se transmet pas, vous appelez cela une tradition ?

“Jusqu’aux banderilles, ces horribles instruments de torture, qu’on orne de rubans de couleur et de je ne sais quelles cochonneries frisottées (tradition !) dignes d’un mirliton, dissimulant l’engin sadique sous l’accessoire de cotillon… Le jeune futur matador aux fesses bien moulées dans sa culotte à la con (tradition !) qui se dresse gracieusement sur la pointe des pieds pour enfoncer rituellement ses deux javelots enguirlandés dans la nuque offerte, et puis fait un non moins gracieux saut de côté pour éviter les cornes du « fauve », oh que je le hais !”

Voilà un excellent passage du non moins excellent Coups de sang écrit au début des années 90 par le regretté Cavanna, journaliste de talent s’étant illustré durant des décennies au sein d’Hara-Kiri puis de Charlie Hebdo, dont il fut l’un des fondateurs. Cet extrait est tiré d’un chapitre nommé L’habit de lumières, lui-même faisant partie de la section du livre baptisée Les assassins tranquilles. À l’époque déjà, Cavanna relevait de manière satirique l’argument fallacieux de tradition avancé depuis toujours par l’aficion afin de justifier le maintien de la barbarie des arènes.

Qu’est-ce qu’une tradition ? Si l’on se réfère au Larousse, il s’agit soit de l’ensemble de légendes, de faits, de doctrine, d’opinions, de coutumes, d’usages, etc., transmis oralement sur un long espace de temps, soit d’une manière d’agir ou de penser transmise depuis des générations à l’intérieur d’un groupe.

Avec la corrida, on s’inscrirait plutôt dans le cadre de cette seconde définition et sa légitimité découlerait donc d’une transmission intergénérationnelle à l’ancienneté avérée.

Mais combien de générations nécessaires pour obtenir cette recevabilité ? Une ? Deux ? Dix ?

Certainement beaucoup plus, puisque les traditions multiséculaires qu’étaient le bûcher, l’esclavage, le harcèlement sexuel, l’homophobie, l’incapacité civile des femmes, etc., n’en affichaient déjà pas assez pour ne pas échapper à leur interdiction par la loi.

Pourquoi ? Parce que, fort heureusement, la longévité de ces sinistres pratiques était un critère de leur maintien pesant bien moins lourd que la volonté générale d’élévation du degré de civilisation de notre société.

Alors la corrida, beaucoup plus jeune que toutes ses cousines susmentionnées et non moins horrible, ne dispose d’aucune raison pour ne pas subir le même sort.

Cependant, faisons œuvre pour une fois de charité intellectuelle et acceptons, le temps de quelques minutes, que cette tradition tauromachique existe bel et bien, et qu’elle s’avère recevable par le seul biais de son ancienneté. Nous sommes alors en présence d’une pratique tellement ancrée dans les mœurs qu’elle génère nombre de vocations parmi la population (soi-disant nombreuse) qui l’adoube.

Quel n’est donc pas notre étonnement à la lecture de cet article consultable depuis le 3 avril sur le site de France bleu Landes portant sur l’absence probable de corridas cet été dans le Sud-Ouest, et plus généralement dans le sud, en raison des mesures restrictives pour endiguer l’épidémie du coronavirus. On y apprend que tous les représentants de ce petit monde (organisateurs, gestionnaires d’arènes, membres de commissions taurines) soulignent que “la frontière espagnole fermée durablement, il est très difficilement imaginable d’envisager organiser une saison, même au cœur de l’été“.

Quel peut bien être le rapport entre cette frontière fermée et la tenue de corridas en France ? Puisqu’il s’agit d’une tradition implantée depuis la nuit des temps, elle n’a théoriquement besoin d’aucun élément venant de quelque pays que ce soit pour exister.

On nous donne la réponse quelques lignes plus bas : “Alors, des toros en France cet été ?… Il faudrait pour ce faire la fin du confinement espagnol, la réouverture de la frontière et la capacité à organiser dans des conditions qui seraient de toute façon très particulières. Quant à faire éventuellement avec du bétail français, dans l’hypothèse d’une fin de pandémie chez nous, la France ne dispose pas de vingt lots de toros à proposer.”

Mais où sont donc passés les centaines d’élevages français liés à cette activité ultra-florissante d’un point de vue économique selon ses adeptes ?

Et le meilleur est à venir : “Et avec quels toreros si les professionnels espagnols, matadors, banderilleros, picadors sont toujours confinés ?

Bon, là on nous dit clairement que le monde professionnel d’origine française lié à cette belle tradition soit se compte sur les cinq doigts de la main, soit est composé à 99 % de branquignols tellement talentueux qu’il est nécessaire d’avoir recours à de la main d’œuvre espagnole.

Si l’on fait une petite synthèse de cette noble activité selon l’analyse même du monde de l’aficion :

  • elle est vouée à disparaître si les ponts sont coupés avec l’Espagne ;
  • les éleveurs français savent fournir en victimes bovines à peine 2 % des corridas organisées ;
  • sans la participation des tortionnaires hispaniques, il y a pénurie quasi-totale de main d’œuvre.

Alors, tradition ? Non, importation devenue imposture.

David Joly
Trésorier FLAC et No Corrida