Impact des corridas sur les mineurs ! Par le docteur Jean-Paul RICHIER.

Nous portons à votre attention cet article du docteur Jean-Paul Richier, psychiatre et animateur du collectif PROTEC – PROTégeons les Enfants des Corridas, publié dans la revue de la Fondation Droit Animal, Ethique et Sciences – LFDA.

Ce texte fait le point sur une question prioritaire à nos yeux, celle des enfants confrontés à la violence de la corrida. Une question on ne peut plus d’actualité pour toutes les personnes concernées par l’impact de cette violence sur les enfants, et notamment dans un pays comme la France où la corrida existe encore !

Cette problématique particulièrement délicate sera abordée prochainement lors d’une conférence-débat organisée par la FLAC à Béziers, le samedi 20 juin.

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Débat historique ! A visionner absolument !

Le 27 mai 2003, la chaîne Télé Toulouse, dans son émission « Parlons-en », laisse la parole en direct intégral à des anticorrida. Pour la première fois en France et sur une chaîne de télévision locale basée dans une région taurine, des propos iconoclastes et sans concession sont tenus sans la moindre censure. Des images complètement inédites et habituellement censurées à la télévision, extraites du film « Juste pour le plaisir », sont également diffusées lors de cette émission courageuse. Celle-ci passe en boucle 4 fois par jour pendant une semaine. Du jamais vu !

Compte tenu de la forte audience de ce débat, le monde taurin accuse le coup…

Espérons qu’une chaîne de télévision ait le courage de refaire une émission semblable, sans la censure… En 2015, cela ne manquerait pas de pertinence !

Il faut savoir que grâce à l’association Fenouillet Anti Corrida, membre de la FLAC (qui participait au débat), à force de ténacité et de dynamisme, les corridas ont disparu de la ville de Fenouillet. Ce fut une victoire éclatante hautement symbolique dans ce département de Haute Garonne où les aficionados rêvent d’un retour des corridas à Toulouse.

 

Une pétition pour la démocratie !

Devant l’absence de débat parlementaire concernant la corrida, la FLAC a mise en ligne une pétition destinée à réunir les signatures de tous les citoyens désireux de voir enfin la question de l’abolition abordée démocratiquement.

Notre ambition : démontrer qu’un tel débat est devenu incontournable et que cette question doit désormais faire l’objet d’un vote de nos parlementaires. Le temps est venu !

Nous avons besoin de votre signature ! Nous avons besoin de votre soutien !

Signez notre pétition

UNE LOI POUR ABOLIR LA CORRIDA !

Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Premier Ministre,
Présidence de l’Assemblée nationale,
Présidence du Sénat,
Présidences des groupes politiques parlementaires

Tandis que notre code pénal prévoit une peine de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende à l’encontre des auteurs d’actes de cruautés et sévices graves envers un animal domestique (ce qu’est le taureau dit « de corrida » ou « de lidia »), un alinéa présent dans l’article concerné exempte la corrida et ses acteurs de ces sanctions « lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée ».

Cette exception à l’application de la loi permet ainsi à la corrida de survivre dans les régions et villes où l’appel à la « tradition » encourage à supplicier et mettre à mort chaque année des centaines de jeunes taureaux de 2 à 5 ans, pour le plaisir et la distraction du public !

Plusieurs propositions de loi ont été déposées récemment afin de demander l’abolition de ces spectacles sanglants et dégradants. Malgré les demandes et l’action des parlementaires favorables à cette abolition, aucune n’a encore été mise à l’ordre du jour ! Cette situation ne peut plus durer.

La Fédération des Luttes pour l’Abolition des Corridas ne peut que regretter que malgré la très forte opposition et le rejet de la majorité des citoyens français selon de nombreux sondages, y compris dans les régions taurines, la corrida semble toujours protégée et exemptée de l’application des règles fondamentales du débat démocratique… La corrida serait-elle hors du champ républicain ?

Les signataires de cette pétition demandent au gouvernement français, aux responsables politiques et à l’ensemble des partis et formations représentées à l’assemblée nationale, de permettre enfin que l’une ou l’autre des propositions de loi existantes soit mise à l’ordre du jour et qu’ainsi la question de l’abolition de la corrida soit enfin abordée au sein de nos institutions.

Les politiques porteurs de ces propositions, leurs soutiens, les associations opposées à la corrida et les nombreux citoyens soucieux de mettre fin à cette pratique violente et cruelle doivent être entendus ! La corrida n’a pas à être artificiellement et arbitrairement maintenue à l’écart du champ d’application de la démocratie et de l’évolution de la loi, de la société et des moeurs.

Thierry Hély
Président de la FLAC (Fédération des Luttes pour l’Abolition des Corridas)

On ne soulage pas une souffrance par une autre souffrance

Alors que les associations humanitaires et caritatives prennent leur distance d’avec le monde trouble et violent de la corrida, l’association héraultaise france Adot 34 a pris la décision de cautionner cette sinistre pratique en acceptant un partenariat sulfureux avec le club taurin de Béziers CTPR « El Mundillo ».

Dans le cadre d’une séance publique de maltraitance animale pompeusement rebaptisée « Gala de bienfaisance », la bienfaisance culminera le 2 mai prochain avec les supplices et la mise à mort de 11 pauvres jeunes bovins. Les bénéfices (si bénéfices il y a…), ou du moins une partie, seront normalement reversés à l’association France ADOT 34, qui œuvre dans la collecte de fonds pour le don d’organes et de tissus humains.

La décision de cette association d’apporter ainsi sa caution à la barbarie n’a pas manqué de surprendre. Surtout quand on sait que la fédération nationale à laquelle appartient Adot 34, soit France Adot, est très justement opposée à la corrida  !

Affiche Gala Taurin 2 mai 2015 BéziersIMarie-Claire PAULET, présidente de France ADOT, a fait parvenir à la FLAC un courrier très clair à ce sujet et confirmant la déclaration officielle de cette fédération datant de 2001 : « Nous demandons aux associations affiliées à la fédération de ne pas participer à des corridas (type espagnol) qui provoquent la souffrance d’animaux et logiquement de ne pas accepter, si cela présentait, de fonds provenant de telles manifestations ».

Pourtant, l’association ADOT 34 a décidé de passer outre les consignes de sa fédération. Malgré tout, Henri GELIS, président départemental de ADOT 34, ne semble plus vouloir faire de publicité à ce sujet et a demandé à ce que son association ne figure pas comme partenaire sur les affiches du prochain spectacle d’actes de cruauté et sévices graves sur des taureaux qui se déroulera dans les arènes de Béziers… C’est un peu tard pour œuvrer dans la discrétion. La corrida serait-elle une maladie honteuse ?

Une attitude qui fait polémique, bien loin du sens éthique d’autres associations qui elles ont déjà refusé l’argent issu de cette pratique cruelle : « Laurette Fugain », « Association des Paralysés de France » (leur lettre jointe), « Association rêves d’enfants », « Les restos du coeur », pour n’en citer que quelques unes. En ce qui concerne cette dernière, sa présidente, Véronique Colucci, avait dit la chose suivante : « On ne soulage pas une souffrance par une autre souffrance ». Une déclaration que les dirigeants d’ADOT 34 devraient méditer…

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Corrida, finances, fisc… Un bilan accablant !

Au fil des mois, les investigations menées pour dévoiler au grand jour le financement des corridas dévoilent un nombre grandissant de malversations, irrégularités et manipulations fiscales ou financières. Cela n’étonnera personne.

Nous avons choisi de vous livrer un point ville par ville sur les éléments déjà rendus publics, et (grâce aux liens internet accessibles dans cet article) de permettre à tous d’en savoir plus sur chaque ville concernée.

Arles

La société organisatrice des corridas dans cette ville, Jalabert Frères, accuse un déficit répété, camouflé par plusieurs artifices comptables. Suivant une technique que l’on retrouvera utilisée par d’autres organisateurs et dans d’autres villes, un taux réduit frauduleux de TVA est appliqué afin de permettre à l’entreprise de décaisser le moins de TVA possible et ainsi de tenter d’équilibrer ses comptes… A l’étude des bilans comptables de cette société, il apparaît que celle-ci est en fait déficitaire, semble connaitre un problème de liquidités et paraît condamnée à plus ou moins court terme à un redressement fiscal d’envergure !

Bayonne

Un cas exemplaire, et effrayant ! La ville de Bayonne a cette particularité d’être directement organisatrice des massacres de taureaux perpétrés dans ses arènes, sur le mode de la régie directe. Les dépenses sont donc payées sur le budget de la ville, c’est-à-dire par les contribuables. Sur la période 2006-2012, Bayonne a accumulé rien moins qu’un déficit abyssal de 1,1 million d’euros quant aux spectacles tauromachiques. Des pertes que la réduction du nombre de corridas organisées et la baisse de leurs émoluments imposée aux toreros n’ont pas pu éponger en totalité, loin de là… une situation dénoncée par un rapport précis de la Cour des Comptes, que la municipalité bayonnaise fait mine d’ignorer. Le poids financier de la corrida et la charge représentée pour la communauté sont des éléments que le monde taurin tente évidemment de dissimuler. Et ce n’est pas la fréquentation des célèbres férias de Bayonne qui y changera quoi que ce soit : 96 % des participants des participants à ces fêtes ne vont pas voir de corrida !

Beaucaire

Comme dans beaucoup de villes, la corrida y est largement déficitaire. Impliquée dans l’organisation de ces spectacles sanguinaires, la municipalité de Beaucaire accuse un déficit cumulé de 676 000 euros sur cinq ans ! La mairie ayant récemment changée de main, c’est l’ancienne gestion municipale qui est épinglée, notamment via un rapport rendu par la chambre régionale des comptes du Languedoc-Roussillon qui indique notamment que la gestion de ces corridas « s’est avérée opaque, les délégataires successifs n’ayant produit aucun rapport sur leur gestion. » !

Béziers

Le Fisc a déjà commencé à s’intéresser au cas de Robert Margé, éleveur et organisateur de corridas dans cette ville. Une première condamnation est tombée : 241 000 euros de redressement au titre de l’exercice 2011. Une première étape, puisque les années suivantes le même subterfuge a été appliqué, soit (comme à Arles) l’application frauduleuse d’un taux réduit de TVA. Les exercices 2012 et 2013 laissent apparaitre une fraude portant sur pas moins de 407 000 euros ! Ainsi que dans d’autres cas, une fois la TVA correctement calculée (et remboursée au Trésor Public… donc à la communauté lésée par ces carambouilles), les bilans de l’entreprise deviennent bien moins attrayants et les résultats nets de l’organisation de corridas deviennent déficitaires…

Nîmes

A Nîmes aussi, déficit chronique des corridas sur fond de malversations fiscales.  C’est le plus connu des organisateurs français de corridas, Simon CASAS, qui est concerné. Là aussi, la TVA et l’application illégale d’un taux réduit sont au centre de manipulations comptables et fiscales qui viennent difficilement masquer une situation financière catastrophique. Les montages financiers sont particulièrement complexes, impliquant l’apport et l’intervention d’une société étrangère également dirigée par Simon CASAS. Fonds propres en négatif, redressement fiscal, comptes de l’entreprise non déposés dans les délais légaux… La situation de Simon Casa Poductions paraît être celle d’une entreprise au bord de la dissolution.

Palavas-les-Flots

Si nous ne pointons pas de malversation ou manipulation fiscale pour cette commune, elle constitue pourtant un cas particulièrement scandaleux d’utilisation massive de fonds publics afin de soutenir la corrida, au détriment des contribuables. Dès 2008 la cour des comptes dénonçait dans un rapport : « Cette association (taurine), perçoit en effet plus du tiers de l’enveloppe globale destinée aux associations […] En dépit de l’augmentation de la subvention en 2009 (elle représente 31 % des produits d’exploitation), l’association taurine ne réussit pas à équilibrer ses activités […] ». « Le club taurin ne produit cependant aucun compte rendu de son activité […] » ! Une situation qui perdurera malgré ce rappel : en 2012 c’est 145 000 euros qui seront destinés à l’association tauromachique. Dans le même temps d’autres associations locales d’une toute autre utilité (pour la réinsertion, ou la protection de l’enfance) se verront accorder 0 euros. Même le CCAS local ne percevra que la moitié du montant accordé à la corrida ! Il semble que ces sommes n’aient pour autant pas pu empêcher la perte de vitesse de la corrida à Palavas, qui a réduit le nombre de « spectacles » cette année.

Le bilan est décidément accablant pour la corrida et ses réseaux. On peut également s’interroger pour les sociétés concernées, sur la responsabilité des comptables, experts-comptables et autres commissaires aux comptes… D’autres éléments nous laissent à penser que ces cas ne sont pas isolés et que des situations déficitaires dissimulées et autres tours de passe-passe comptables ou fiscaux vont apparaitre au grand jour, notamment en examinant le cas d’associations tauromachiques de plus petites envergures…

(Merci à Roger Lahana – vice-président du CRAC Europe – ainsi qu’à David Joly – vice-président de la Convention Vie et Nature pour leur formidable travail d’investigation et d’analyse.)