Montpellier ! Une action courageuse et bien médiatisée

Happening anticorrida Droit Des Animaux Sud à Montpellier avec le CRAC Europe et la FLAC

Une quarantaine de militant/es se sont rassemblés sur la Place de la Comédie à Montpellier pour y faire un happening anti corrida samedi 11 juillet à l’occasion du passage de la GayPride annuelle. Près de 2500 tracts ont été distribués et 275 pétitions signées.

Grâce au communiqué de presse de Thierry Hély, président de la FLAC, nous avons été interviewés (Joëlle Verdier et Thierry Hély) par France Bleu Hérault et TV Sud Montpellier. Le Midi Libre et l’hebdomadaire La Gazette de Montpellier ont également relayé  honnêtement cette mise en scène très courageuse. Il faut savoir que les militants sont restés pendant des heures allongés sur le sol et en pleine canicule ! Nous tenons à remercier une délégation du Mouvement des Jeunes Socialistes de l’Hérault et une représentante d’EELV d’être venues nous soutenir officiellement par leur présence.

Tout au long du happening retentissaient sur la sono des chansons anticorrida et des meuglements de taureaux torturés.

Le nouveau maire de Montpellier (apparemment amateur de corrida) nous a certainement vus lors de son passage près du happening à la tête de la GayPride… Deux jeunes filles en costume du drapeau gay se sont assises au milieu du happening pour montrer leur support. Pendant un court moment aussi, la GayPride a résonné de Corrida Basta scandé par un participant de la parade, sur l’un des chars stationnés près de nous.

Outre les journalistes, le happening a été mitraillé de photos par les très nombreux passants.

Le plus grand merci aux militant/es qui ont porté pendant 4h les pancartes ou tenu le rôle des taureaux massacrés, allongé/es au sol malgré la chaleur écrasante avec des pauses régulières, et copieusement arrosé/es de faux sang, vaporisé/es au brumisateur et servi/es d’eau pour tenter de les rafraîchir un peu.

Et bien sûr, merci aux militant/es de la FLAC et du CRAC Europel venu/es de Nîmes, Béziers et autres villes pour nous soutenir ainsi qu’au directeur et à la directrice du refuge PERLE de Ganges.

Et comme il est  bien mentionné dans La Gazette de Montpellier, le principe de cette démonstration impressionnante et émouvante était le même que celui voulu par Francis Cabrel dans sa magnifique chanson « La corrida »  : se mettre de manière factice dans la peau du pauvre taureau en souffrance et penser très fort à lui…

Emplois de la corrida, les mensonges dévoilés

La corrida créatrice de richesses ?  D’emplois ?

Les abolitionnistes dénoncent régulièrement ce qu’ils présentent comme un mensonge : l’apport économique de la corrida. Par exemple en indiquant que dans de nombreux cas, lorsque les corridas sont organisées dans le cadre de Ferias populaires, ce n’est évidemment pas la corrida qui apporte à la Feria, mais l’inverse. Notamment via les subventions publiques et les facilités offertes par les municipalités aux organisateurs de ces tristes spectacles.

Même si nous luttons principalement contre la barbarie des arènes qui sévit dans le sud de la France, la situation en Espagne (berceau de la corrida) est particulièrement intéressante et riche d’enseignements. Un important dossier consacré à la réalité de la filière tauromachique vient d’être publié par l’AVATMAl (association de vétérinaires opposés à la tauromachie et à la maltraitance animale). Le travail effectué, et les conclusions rendues publiques méritent amplement d’être résumés ici.

Emploi 2En Espagne, de 2007 à 2014, le nombre de « spectacles » tauromachiques (corridas, novilladas, becceradas, « festivals » taurins et apparentés) s’est effondré : 3651 en 2007, 1868 en 2014, soit une baisse de 51 % ! Ce qui n’a pas empêché la mise à mort de 5 324 pauvres bovins dans les arènes l’année passée…

Alors que la logique voudrait que le nombre de d’intervenants professionnels déclarés diminue, c’est exactement l’inverse qui s’est produit sur la même période : 7 397 en 2007, 10 194 en 2014 ! Il est évident que tous ces « professionnels » ne peuvent réellement exercer leur activité, même très ponctuellement…

Sur 810 personnes enregistrées comme « matadors de toros », 623 ne sont intervenues à aucun moment lors d’une corrida en 2014. Plus parlant encore : sur 3018 « novilleros » déclarés, 2984 n’ont même pas foulé le sable des arènes en 2014 (l’étude indique même que plus de 68 % de ces novilleros, logiquement de jeunes toreros débutants, ont en réalité plus de 30 ans…) ! Au final, seuls 8 % de ces professionnels ont eu plus d’un engagement dans l’année écoulée… Quel succès !

Les chiffres concernant l’élevage sont à l’avenant. Sur un total de 1339 exploitations déclarant élever des taureaux destinés à la corrida, 311 seulement ont pu vendre au moins un animal pour une corrida en 2014, c’est à dire 23 %. Les 77 % restant n’ont pas même vendu un seul animal l’année écoulée. En Espagne comme en France, la très grande majorité des taureaux dits de corrida sont en fait destinés principalement à la filière alimentaire et non à la corrida (les chiffres français de sources taurines tournent tous autour d’un maximum de 10 % d’animaux destinés à la tauromachie), anéantissant ainsi l’éternel argument des taurins selon lequel, l’abolition de la corrida génèrerait la disparition du taureau dit de combat.

Au vu de ce rapport, il apparaît évident que la filière de la corrida n’est en rien la source d’emplois et de richesses pour la communauté que le lobby taurin tente de mettre en avant. La très grande majorité des professionnels n’a aucune activité régulière, voire pas d’activité du tout. Maintenue la tête hors de l’eau en Espagne à grands coups de subventions publiques (de la part de l’État, et également de la part de l’Europe), la corrida n’est pas un »plus » pour la société : elle est en réalité une charge supplémentaire, à laquelle s’ajoutent son caractère de plus en plus impopulaire et sa cruauté archaïque…

En France, la situation est-elle plus favorable à la tauromachie ? Le plus petit nombre d’intervenants (toreros ou éleveurs) limite probablement la casse. Mais la mauvaise santé financière des plus importants organisateurs français de corrida ne vient pas relever le bilan général. Au contraire. Pas plus que le fait que dans de nombreux spectacles, notamment les plus importants, les toreros ainsi que les animaux proviennent souvent d’Espagne, ceci réduisant un peu plus encore l’apport économique de la corrida et l’élevage français…

Désinscription du PCI, rejet de la part de la grande majorité des citoyens, recommandation répétées de l’ONU visant à en écarter les enfants ; décidément, les arguments en faveur de cette barbarie s’effondrent l’un après l’autre. Il est grand temps d’en finir…

Nous profitons de la diffusion de cet important rapport de l’AVATMA pour saluer également l’action des vétérinaires abolitionnistes français, réunis au sein du COVAC  (Collectif des Vétérinaires pour l’Abolition de la Corrida). Le COVAC a récemment écrit au Conseil Supérieur de l’Ordre des Vétérinaires pour attirer son attention sur la cruauté de la corrida et sur la honteuse caution apportée par quelques vétérinaires à cette pratique. Le Conseil Supérieur de l’Ordre des Vétérinaires a favorablement accueilli les préoccupations exprimées par le COVAC et a annoncé que la corrida faisait désormais partie des questions que le pôle « profession vétérinaire et éthique animale » du Conseil de l’Ordre va traiter, et qu’un avis sera rendu.

Une fois cet avis rendu, cela signifiera une avancée considérable pour notre cause et la remise en question de l’existence aberrante des vétérinaires taurins…

Le patrimoine fantasmé de la tauromachie

L’enjeu patrimonial, culturel et philosophique a toute son importance pour la corrida, dont les spectateurs sont souvent avides de légitimité et de reconnaissance face à une opinion publique très majoritairement hostile à ces sinistres spectacles qualifiés d’ « actes de cruauté et sévices graves » par notre code pénal.

La grande majorité des historiens et spécialistes s’entendent désormais pour trouver la naissance de la corrida au 16ème siècle, à Séville, où des bouchers commencent à présenter à la population le spectacle de pauvres bovins pourchassés et harcelés avant d’être mis à mort. Les animaux paniqués chargent leurs agresseurs, qui les esquivent. Ainsi « viennent au monde » les premiers toréros sous les encouragements d’un public avide de spectaculaire brutal et sanguinaire. Au fil des ans, des règles vont se mettre en place progressivement, jusqu’à aboutir à la présentation au public de spectacles codifiés se déroulant dans des arènes et qui constituent par eux-mêmes un commerce lucratif.

Pendant longtemps, le plus gros du monde taurin ne s’encombrera pas de considérations à prétentions artistiques ou intellectuelles et présentera sa cruauté et sa violence en pleine lumière : chevaux éventrés, accidents parfois mortels des toréros à pied ou à cheval, tentatives de faire s’affronter les taureaux avec d’autres animaux. On donne à la foule tout le sang qu’elle réclame, et on n’hésite pas à annoncer par voie d’affichage les pires cruautés afin de remplir les gradins !

C’est en très grande partie au 20ème siècle que va se mettre en place un mouvement destiné à apporter à la barbarie des arènes un vernis intellectuel qui pourra apporter l’illusion d’une légitimité culturelle et masquer partiellement la réalité de la sauvagerie tauromachique derrière l’illusion et le fantasme…

A ce jeu, tout est bon. Comme l’écrit très justement Marc Fabre dans son ouvrage « Les mythes tauromachiques », « confondant analogie et filiation, les spéculations affluent ». Tout y passe, jusqu’au culte de Mithra !

Récemment, une nouvelle étape a été franchie par un lobby taurin qui au 21ème siècle continue fébrilement à se chercher une respectabilité qu’à ses yeux aveuglés par la notion de « tradition , seule l’invocation de racines millénaires pourrait apporter. Incapable de se défendre sur le plan de l’éthique et de la morale, la corrida a besoin de s’imaginer une filiation à très long terme pour y puiser sa défense. Nous l’avons déjà signalé, c’est désormais Lascaux qui est la cible d’une tentative de récupération d’un des plus magnifiques pans de notre patrimoine commun. Alertés par la FLAC sur ce sujet, de nombreux spécialistes et intervenants directement concernés ont découverts avec effarement la dernière lubie tauromachique : s’inventer une origine préhistorique de la corrida !

Le lobby taurin français est dans sa majorité contrôlé par un « observatoire » qui s’est signalé à plusieurs reprises par ses méthodes douteuses, avec à sa tête un président, André Viard, au discours tout aussi douteux. Pour exister et continuer à se voir reconnaître par ceux qu’il entend représenter, il est évident que André Viard et son « observatoire » ont besoin de faire du bruit, de gesticuler. En appeler à une grotesque origine pariétale de la corrida fait de toute évidence partie de cette stratégie.

Mais le grotesque peut lui aussi s’avérer vicieusement dangereux. N’oublions pas que c’est notamment en s’avançant parée de sa mythologie philosophico-culturelle largement fantasmée que la corrida a pu un moment se voir inscrite à l’inventaire de notre Patrimoine Culturel Immatériel. Une inscription elle aussi opérée dans des circonstances douteuses, et à l’initiative de l’ONCT…

Récemment, les autorités ont par la voix de la Cour d’Appel Administrative de Paris, établi officiellement que la corrida avait été retirée de l’inventaire du PCI. Inscrite presque en catimini, derrière le dos du ministre de la Culture de l’époque (Frédéric Miterrand), la corrida a été désinscrite dans la plus grande discrétion… L’arrêt rendu par la justice fait même remonter sa désinscription à 2011 ! Décidemment, quelques soient les parties concernées, il semble que la corrida soit implicitement ou explicitement considérée comme une « pratique honteuse » !

Avec le retrait de la corrida de l’inventaire du PCI, c’est le rêve taurin d’une hypothétique inscription au patrimoine de l’UNESCO qui disparait. Et avec lui un des axes de communication de l’ONCT. Si on y ajoute le grotesque de cette tentatve de récupération de Lascaux, le comble est atteint. 

La corrida patrimoine de l’humanité, la corrida multimillénaire de Lascaux, le taureau « machine à combattre » honoré de se voir supplicié dans l’arène… Les sociétés évoluent mais les « valeurs » de la tauromachie restent engluées dans le fantasme, l’illusion manipulatrice et le mensonge.

Finalement, ces mythes que le ridicule ne semble pas arrêter ne seraient-ils pas la plus grande faiblesse de la corrida ?

Le Député Européen Pascal DURAND rejoint la FLAC !

Le Député Européen et ancien secrétaire national d’EELV Pascal DURAND intègre le Comité d’honneur de la FLAC. Voir sa fiche Wikipédia.

La force de ses convictions anticorrida se traduit dans le puissant message vidéo enregistré au Parlement Européen et destiné à être diffusé lors de la conférence qui fut donnée par le Professeur Hubert MONTAGNER le 20 juin 2015 à Béziers.

Petit rappel concernant cette conférence sans précédent à Béziers.

Dans la mesure où le Parlement Européen est appelé à se prononcer chaque année sur les subventions accordées aux éleveurs de taureaux de corrida, cette intégration de Pascal DURAND à la FLAC est extrêmement pertinente…

N’oublions jamais ce que disait dans la presse il y a quelques années la tueuse à cheval Marie SARA :  nous ne redoutons que deux choses :  l’interdiction des enfants dans les arènes et… le Parlement Européen.

Merci Pascal DURAND !

Conférence du Professeur Hubert MONTAGNER. L’horreur imposée à l’enfance !

Le 20 juin 2015 restera gravé dans l’esprit de celles et ceux qui assistèrent à la conférence donnée par le Professeur Hubert MONTAGNER à Béziers qui avait pour thème :  « Corrida et protection de l’enfance ». Nous précisons que la FLAC était à l’initiative de cet événement.

Les raisons sont multiples : d’abord, la qualité des interventions du Professeur Hubert MONTAGNER et de celles du psychologue clinicien Joël LEQUESNE qui était à ses côtés. Ce dernier représentant le très actif PROTEC. Entre autres, le Professeur Hubert MONTAGNER s’insurgeait contre le fait que l’on puisse oser appeler « écoles » des lieux où l’on apprend à des enfants l’art de torturer cruellement à mort de jeunes animaux. Ce qui revient à dire qu’on leur inculque le goût du sang, de la mort et de la souffrance. Ceci étant complètement à l’opposé des valeurs de respect du vivant et d’amour de la vie qui sont l’essence même de ce que l’on enseigne aux enfants dans les écoles de la République. Le lendemain, dans le Midi Libre, on pouvait y lire que le professeur demandait à la mairie de Béziers de mettre un terme à son financement de l’école taurine et de verser ces fonds à des associations de protection des enfants. Cette idée très pertinente étant évidemment applicable à toutes les villes possédant ces sinistres écoles…

La présence d’une délégation du Mouvement des Jeunes Socialiste de l’Hérault (symboliquement, c’est important !) fut très appréciée. Leur intervention ne laissa planer aucun doute sur leur viscérale opposition à la corrida. Bien évidemment, nous resterons en contact.

Juste avant la conférence/débat, une petite mise en scène fut réalisée à l’intention du Professeur Hubert MONTAGNER. La petite agathoise de 4 ans Philaé, qui connut son heure de gloire à l’occasion de l’extraordinaire aventure du robot portant le même nom  offrit au professeur un livre de l’Agence Spatiale Européenne. En effet, cette prestigieuse agence, à l’occasion de cette conférence, n’avait pas hésité à nous adresser un très beau livre destiné au professeur. Et comme par hasard, nous apprenions que la veille, le robot Philaé s’était réveillé sur la comète Tchouri. Serait-ce un signe du ciel ?

Un grand merci à l’Agence Spatiale Européenne et aux parents de Philaé !

Après cette mise en scène touchante, arriva le moment tant redouté de la projection sur écran géant de documents filmés… Nous passions de manière particulièrement manichéenne de l’innocence d’une enfant à l’horreur de la corrida… 

Heureusement, avant toutes ces horreurs, un formidable message/vidéo du Député européen Pascal DURAND d’EELV, enregistré tout spécialement pour cet événement, nous avait particulièrement réjouis. Nous précisons que ce message/vidéo a été twitté par la Secrétaire nationale d’EELV Emmanuelle Cosse, les Députés européens d’EELV et la Philosophe Corine PELLUCHON, membre du comité d’honneur de la FLAC.

Incontestablement, le moment le plus douloureux fut la diffusion d’une vidéo où l’on pouvait voir un enfant torero mettre à mort à l’arme blanche une pauvre petite génisse qui ne comprenait pas ce qui lui arrivait… Aux premiers rangs, des personnes étaient en larmes et certains quittèrent la salle…

QUE L’ON MONTRE UN JOUR A LA TÉLÉVISION A UNE HEURE DE GRANDE ÉCOUTE CE QUI SE PASSE DANS LES ÉCOLES TAURINES BIEN A L’ABRI DES REGARDS…

Et comme le dit si bien le Professeur Hubert MONTAGNER, on ose appeler cela des « écoles » !

Nous regrettons néanmoins que cette conférence placée sous le signe du débat et de l’échange argumenté n’ait pas reçue la visite de taurins, simples aficionados ou responsables d’écoles taurines, pourtant invités en bonne et due forme par la FLAC… 180 au total ! Le thème les mettrait-il mal à l’aise au point que le débat contradictoire soit une épreuve insurmontable. Seul, le directeur de l’école taurine de Béziers et conseiller municipal Didier BRESSON appela le président de la FLAC. Pour cause de déplacement en Espagne, il ne pourrait être présent à la conférence. S’en suivit un petit débat au téléphone très instructif et parfois surréaliste… Le directeur de l’école taurine eut au moins l’honnêteté de me permettre de dire lors des débats qu’effectivement, arrivé à un certain stade, les enfants toreros s’entrainaient sur de la matière vivante… Cette phrase sidérante résonne encore dans mon esprit :  « Monsieur Hély, comme dans n’importe quel sport, il faut bien qu’à un moment donné, les enfants soient mis en situation réelle ! ». Comme si l’on pouvait comparer le sport avec des actes d’une extrême cruauté sur des animaux. Nous vous laissons juges…

Pour en revenir à cette absence de taurins dans la salle, eux qui ont constamment le mot « courage » et « bravoure » à la bouche, quand il s’agit de venir se confronter à nous dans une conférence donné par un grand scientifique, il n’y a plus personne…