L’enjeu patrimonial, culturel et philosophique a toute son importance pour la corrida, dont les spectateurs sont souvent avides de légitimité et de reconnaissance face à une opinion publique très majoritairement hostile à ces sinistres spectacles qualifiés d’ « actes de cruauté et sévices graves » par notre code pénal.
La grande majorité des historiens et spécialistes s’entendent désormais pour trouver la naissance de la corrida au 16ème siècle, à Séville, où des bouchers commencent à présenter à la population le spectacle de pauvres bovins pourchassés et harcelés avant d’être mis à mort. Les animaux paniqués chargent leurs agresseurs, qui les esquivent. Ainsi « viennent au monde » les premiers toréros sous les encouragements d’un public avide de spectaculaire brutal et sanguinaire. Au fil des ans, des règles vont se mettre en place progressivement, jusqu’à aboutir à la présentation au public de spectacles codifiés se déroulant dans des arènes et qui constituent par eux-mêmes un commerce lucratif.
Pendant longtemps, le plus gros du monde taurin ne s’encombrera pas de considérations à prétentions artistiques ou intellectuelles et présentera sa cruauté et sa violence en pleine lumière : chevaux éventrés, accidents parfois mortels des toréros à pied ou à cheval, tentatives de faire s’affronter les taureaux avec d’autres animaux. On donne à la foule tout le sang qu’elle réclame, et on n’hésite pas à annoncer par voie d’affichage les pires cruautés afin de remplir les gradins !
C’est en très grande partie au 20ème siècle que va se mettre en place un mouvement destiné à apporter à la barbarie des arènes un vernis intellectuel qui pourra apporter l’illusion d’une légitimité culturelle et masquer partiellement la réalité de la sauvagerie tauromachique derrière l’illusion et le fantasme…
A ce jeu, tout est bon. Comme l’écrit très justement Marc Fabre dans son ouvrage « Les mythes tauromachiques », « confondant analogie et filiation, les spéculations affluent ». Tout y passe, jusqu’au culte de Mithra !
Récemment, une nouvelle étape a été franchie par un lobby taurin qui au 21ème siècle continue fébrilement à se chercher une respectabilité qu’à ses yeux aveuglés par la notion de « tradition , seule l’invocation de racines millénaires pourrait apporter. Incapable de se défendre sur le plan de l’éthique et de la morale, la corrida a besoin de s’imaginer une filiation à très long terme pour y puiser sa défense. Nous l’avons déjà signalé, c’est désormais Lascaux qui est la cible d’une tentative de récupération d’un des plus magnifiques pans de notre patrimoine commun. Alertés par la FLAC sur ce sujet, de nombreux spécialistes et intervenants directement concernés ont découverts avec effarement la dernière lubie tauromachique : s’inventer une origine préhistorique de la corrida !
Le lobby taurin français est dans sa majorité contrôlé par un « observatoire » qui s’est signalé à plusieurs reprises par ses méthodes douteuses, avec à sa tête un président, André Viard, au discours tout aussi douteux. Pour exister et continuer à se voir reconnaître par ceux qu’il entend représenter, il est évident que André Viard et son « observatoire » ont besoin de faire du bruit, de gesticuler. En appeler à une grotesque origine pariétale de la corrida fait de toute évidence partie de cette stratégie.
Mais le grotesque peut lui aussi s’avérer vicieusement dangereux. N’oublions pas que c’est notamment en s’avançant parée de sa mythologie philosophico-culturelle largement fantasmée que la corrida a pu un moment se voir inscrite à l’inventaire de notre Patrimoine Culturel Immatériel. Une inscription elle aussi opérée dans des circonstances douteuses, et à l’initiative de l’ONCT…
Récemment, les autorités ont par la voix de la Cour d’Appel Administrative de Paris, établi officiellement que la corrida avait été retirée de l’inventaire du PCI. Inscrite presque en catimini, derrière le dos du ministre de la Culture de l’époque (Frédéric Miterrand), la corrida a été désinscrite dans la plus grande discrétion… L’arrêt rendu par la justice fait même remonter sa désinscription à 2011 ! Décidemment, quelques soient les parties concernées, il semble que la corrida soit implicitement ou explicitement considérée comme une « pratique honteuse » !
Avec le retrait de la corrida de l’inventaire du PCI, c’est le rêve taurin d’une hypothétique inscription au patrimoine de l’UNESCO qui disparait. Et avec lui un des axes de communication de l’ONCT. Si on y ajoute le grotesque de cette tentatve de récupération de Lascaux, le comble est atteint.
La corrida patrimoine de l’humanité, la corrida multimillénaire de Lascaux, le taureau « machine à combattre » honoré de se voir supplicié dans l’arène… Les sociétés évoluent mais les « valeurs » de la tauromachie restent engluées dans le fantasme, l’illusion manipulatrice et le mensonge.
Finalement, ces mythes que le ridicule ne semble pas arrêter ne seraient-ils pas la plus grande faiblesse de la corrida ?
Il serait bon de faire cesser ces soit disant spectacles » sanguinaires,sans aucun interet culturel sinon celui d’abreuver l’ignominie et la perversitè de personnes psychopathes assoifes de sang et de cruautè et trop laches pour assouvir leurs fantasmes sadiques entre eux!!!!
Il est évident que l’on prête au taureau des sentiments humains lorsque l’on parle d’un taureau qui se verrait honoré d’être sacrifié dans l’arène comme autrefois il fallait se trouver honorer lorsque deux partenaires s’affrontaient au pistolet à la suite d’un camouflet . C’est le même sentiment d’honneur qui doit être lavé que l’on ressent à propos du duel comme de la corrida ; mis à part le fait que le duel a été interdit en France par une ordonnance de Richelieu (toujours en vigueur je pense) alors que la corrida ne l’a pas encore été ! Il est de fait que malheureusement le duel s’est perpétué de manière larvaire au XIX e siècle malgré l’interdiction par le Cardinal de Richelieu . Espérons qu’il n’en sera pas de même pour la corrida et qu’une fois son interdiction adoptée par les pouvoirs publics une pratique larvaire ne se maintiendra pas !
Il est à noter que dans le duel comme en ce qui concerne les afficionados on ressentait une volonté de se rendre intéressant alors qu’en fait on s’aperçoit que ni les duels ni les corridas n’intéressent personne !
Autre pratique des aficionados pour justifier leur pseudo-art (qu’on appellera « PratiqueSanglantesD’ErreursDeLaNatureSurD’AutresEspèces »), dire que les jeux vidéos, les mangas, le cinéma engendrerait bien plus de violence que cette pratique et ils se servent de ça aussi pour justifier les écoles taurines. Pourtant il a été démontré qu’un enfant quand on lui demande pour la première fois de tuer un veau il a une sorte de blocage (preuve que la nature est bien faite et qui poussera un prédateur à ne pas tuer par plaisir afin que le nombre d’herbivores reste stable). Ce même blocage sera absent dans un jeu vidéo si il doit tuer un champignon dans Mario. La frontière entre un homme est une autre espèce animale est très fine d’autant plus que pour l’homme et le taureau qui sont tous les deux des mammifères et ont le même ancêtre commun (qui certes remontent à une époque où les dinosaures non-aviaires étaient encore de ce monde). Donc la différence entre un veau capable de ressentir la douleur et avoir des émotions et un ennemi de jeu-vidéo ne ressentant aucune émotion, dénué de vie n’étant le fruit de l’imagination de développeurs est très importante et l’impact est très différent. La plupart des pires psychopathes ont commis leurs crimes sur des animaux avant de passer aux humains, ne l’oublions pas.
Avec toutes les guerres faites par des illuminés. L’histoire nous apprend , que nous devons rester virulents. Préparons notre bataille avant de faire la guerre.Vedi, Vidi, Vici Nous nous battons contre les ténèbres
Ce patrimoine n’est pas le mien, il appartient à l’enfer. Laissons les taureaux en paix, laissons les vivre leur vie comme nous profitons de la nôtre. Qui souhaiterait se faire transpercer de multiples coup de lames dans le corps et entendre scander la foule de : OLE ?
les afficionados prennent leur rêve pour la réalité, les pauvres ! ils vont de déceptions en déceptions et ce n’est pas fini