Attention les enfants, images sanglantes !

Après Béziers en 2017, Bordeaux, à la demande de la FLAC, impose une affichette d’avertissement à l’attention des enfants, à l’occasion d’une exposition taurine du 9 au 14 janvier 2018. Les médias s’en font l’écho. Il s’agit du musée itinérant “tauromachies universelles” initié par l’ONCT.  Notre Fédération en profite pour demander aux services culturels du maire, Alain Juppé, de disposer à notre tour d’une salle afin de révéler l’autre réalité de la corrida… Par exemple, contester, avec de grands préhistoriens, les affirmations fallacieuses selon lesquelles Lascaux, entre autres, serait le berceau de la tauromachie espagnole.

Dénoncer la présence des enfants confrontés aux atrocités des corridas et évoquer les grandes figures humanistes qui se sont érigées contre cette barbarie. Tout cela étayé par de la documentation rigoureuse : scientifique, littéraire et philosophique. Le tout agrémenté par des visuels grand format et percutants. Sans violence sanguinaire. Pas besoin d’affichettes… Contrairement à l’exposition de l’ONCT…  Et à notre grande et agréable surprise, dans la mesure où Bordeaux est la capitale de la Nouvelle Aquitaine, région la plus taurine de France, le chargé de la culture de la mairie de Bordeaux nous donne son accord ! Ce n’était pas gagné… La preuve, il y a quelques années, Dax nous avait refusé une salle pour une conférence de même nature…

Bientôt, à Bordeaux, en matière tauromachique, la liberté d’expression sera une réalité.

Encore merci à ses services culturels !

Thierry Hély, président de la FLAC

Robert Margé, rien ne va plus !

Le 7 août dernier, No Corrida révélait l’état financier pitoyable de la SAS du Plateau de Valras, société appartenant à Robert Margé et qui a en charge l’organisation des séances de torture programmées au sein des arènes de Béziers.

Nous avions alors souligné qu’il suffisait que le ministère des Finances exige le recouvrement de ne serait-ce qu’une partie des 700 000 euros qui lui restaient dus pour que ladite société se retrouve illico en cessation de paiement, qui aurait alors débouché sur une liquidation judiciaire.

Au secours Monsieur le Juge !

À la lecture de cet article, Robert Margé aurait-il mesuré le caractère plus que délicat de la situation dans laquelle se trouve sa société ? Toujours est-il que le 13 septembre dernier, il a saisi le Président du tribunal de commerce dont elle dépend afin de solliciter la mise en place d’une procédure de sauvegarde.

Il s’agit d’un dispositif où le dirigeant qui a pris conscience des difficultés financières de son entreprise fait reconnaître officiellement celles-ci par le tribunal de commerce, preuves à l’appui bien évidemment. Pas de souci de ce côté, l’endettement de la société de Robert Margé est un argument d’une probité exemplaire. L’accès à la procédure de sauvegarde a donc été accepté.

Et maintenant ?

La procédure de sauvegarde est une sorte de sursis accordé à une entreprise en très grande difficulté. Le principe est que s’ouvre une période d’observation, d’une durée maximale de 6 mois, renouvelable une fois. Durant cette période, toutes les dettes qui sont nées antérieurement sont « gelées », afin que l’entreprise se refasse une santé financière, si du moins son activité le lui permet.

À la fin de cette période, le tribunal analyse la situation de l’entreprise et décide alors :

  • qu’elle a réussi à retrouver un rythme de croisière lui permettant de poursuivre sereinement son activité (les dettes dont le paiement avait été suspendu redeviennent alors exigibles) ;
  • que sa situation ne s’est pas améliorée et qu’elle n’a aucune ou très peu de chances de le faire ; le redressement judiciaire ou la liquidation judiciaire sont alors la suite logique.

Bien qu’il n’y était pas contraint, le juge a estimé nécessaire de nommer un mandataire judiciaire. C’est dire le peu de confiance qu’il a placée dans les compétences et l’aptitude de Robert Margé pour gérer cette période d’observation.

Décision on ne peut plus logique : l’initiative de ce dirigeant tauromaniaque relève plus de la volonté de retarder au maximum le destin incontournable de sa société que de lui permettre de poursuivre son activité aux pertes abyssales.

Rendez-vous est pris pour le verdict.

David Joly
Trésorier de No Corrida, membre de la FLAC

Chronique des petites tambouilles arlésiennes

À Arles, les années se suivent et se ressemblent : cette magnifique ville a été une nouvelle fois, en 2016, souillée par le sang des victimes de sévices graves et actes de cruauté organisés par la famille Jalabert.

agonie-sourireLa seule différence par rapport aux années précédentes est que dorénavant ce sont les enfants qui s’y collent à la place des parents.

Nous avons déjà eu l’occasion « d’admirer » Jean-Baptiste Jalabert (alias Juan Bautista, pseudonyme d’origine hispanique censé donner de la crédibilité aux délits dépénalisés qu’il réalise dans le sud de la France) complètement hilare avec son copain Casas à la vue d’un taureau agonisant qu’il venait de torturer (voir photo ci-contre)

Nous le retrouvons désormais en homme d’affaires, aux côtés notamment de sa sœur, à la tête de la société Ludi Arles Organisation, afin d’assurer la gestion de la barbarie arlésienne à la place de Papa.

Adieu les frères Jalabert…

Comme nous l’avions indiqué fin 2016, la SAS Jalabert Frères ne pouvait poursuivre son activité de torturomachie en raison, d’une part, du redressement de TVA d’un demi-million d’euros qu’elle a subi, d’autre part de la perte de délégation de service public dont elle bénéficiait auprès de la municipalité. C’est ainsi que le 3 novembre 2016, elle se retrouvait officiellement en cessation de paiement et 13 jours plus tard, le jugement d’ouverture de liquidation judiciaire était publié au Journal officiel.

Le Trésor public a-t-il pu récupérer l’intégralité de la TVA que la SAS Jalabert Frères ne lui avait pas reversée de 2012 à 2015 ? Mystère.

…Bonjour les enfants Jalabert

Dès lors, place au nouveau bénéficiaire de la délégation de service public des arènes arlésiennes. Et comme le hasard fait bien les choses, celle-ci a été octroyée à la société Ludi Arles Organisation, à la tête de laquelle nous retrouvons Jean-Baptiste et Lola Jalabert.

La progéniture de Luc Jalabert fait-elle mieux que ce dernier en terme de performance économique et financière ? Forcément, parce que faire pire aurait été beaucoup plus difficile.

Pour son premier exercice clôturé au 31 décembre 2016, Ludi Arles Organisation affiche un confortable bénéfice de 65 000 €. Ce très bon résultat serait-il dû à une popularité croissante des corridas, et donc à une augmentation du chiffre d’affaires ? Pas du tout, puisque celui-ci est en nette régression. En s’établissant à 2 427 000 €, il diminue de 284 000 € (-10,49 %) par rapport aux dernières recettes affichées par la SAS Jalabert Frères en 2015. Pire même : si nous réalisons une comparaison à durées d’exercices équivalentes (le premier exercice de la société des enfants Jalabert ayant duré 14 mois et non 12), c’est une baisse de 23,28 % qui en résulte.

Non, ce qui a permis à cette société de dégager un bénéfice, c’est la baisse drastique de ses charges. À titre d’exemple et toujours par comparaison avec son prédécesseur, les charges de personnel (c’est-à-dire la rémunération du personnel et les charges sociales afférentes) ont diminué de 59 000 € (-16 %). Logique : les corridas génèrent de moins en moins de recettes, il faut donc diminuer l’effectif employé, ou du moins baisser la rémunération des dirigeants.

Parmi ces diminutions de charges, il y en a une qui interpelle particulièrement : le montant des redevances. Alors qu’en 2015 la SAS Jalabert Frères en constatait pour 141 000 €, en 2016 ce montant n’est que de 105 000 € chez la SAS Ludi Arles Organisation. Ce poste est constitué essentiellement (pour ne pas dire intégralement) des redevances dues à la ville d’Arles dans le cadre de la délégation de service public.

Or, selon la loi, la délégation de service public est un contrat par lequel une personne morale de droit public confie la gestion d’un service public dont elle a la responsabilité à un délégataire public ou privé, dont la rémunération est substantiellement liée au résultat de l’exploitation du service.

En 2015, le résultat d’exploitation de la SAS Jalabert Frères était une perte de 41 000 €. A contrario, en 2016, le résultat d’exploitation de la SAS Ludi Arles Organisation est un bénéfice de 81 000 €. Le résultat d’exploitation est donc meilleur de 122 000 €… ce qui débouche sur une diminution des redevances de 36 000 € ! Moins de redevance à payer lorsqu’il y a plus de bénéfice ? Mais oui, tout est possible quand il faut aider les Jalabert. Merci, Monsieur le Maire.

Il ne s’agit pas là de la seule étrangeté de cette délégation de service public : en effet, comme nous l’avons déjà évoqué l’année dernière, ce contrat de délégation a été octroyé par délibération du conseil municipal du 24 juin 2015. Or, l’immatriculation au registre du commerce et des sociétés de la société des enfants Jalabert, c’est-à-dire le début de son existence légale, est intervenue le 29 octobre 2015. Confier une délégation de service public à une personne morale qui n’existe pas encore, ou comment révolutionner le droit public

Un renfort de poids

Diriger une société, quelle que soit son activité, n’a jamais été chose aisée. Mais Jean-Baptiste et Lola Jalabert pourront compter sur les talents d’Alain Lartigue, qui a été nommé Directeur général. Alain Lartigue est notamment co-organisateur des corridas de Bayonne, puisqu’il y bénéficie d’un contrat de mandataire depuis plus de sept ans.

Rappelons que les spectacles de sang bayonnais sur la période 2006-2014 ont cumulé un déficit de 1 million d’euros, et que depuis la municipalité refuse de communiquer le moindre chiffre.

Nous ne pouvons donc que souhaiter à la SAS Ludi Arles Organisation de connaître la même réussite !

David Joly
Trésorier No corrida

La FLAC et No Corrida suivent le CAP

Dans le courant de l’été, No Corrida et la FLAC ont été sollicités par les fondateurs de CAP (Convergence Animaux Politique), Melvin Josse et Jean-Luc Vuillemenot, et ont aussitôt accepté d’en devenir membres. Cette nouvelle structure a pour but de faciliter les contacts entre associations de protection animales et parlementaires, en vue de contrebalancer plus efficacement les groupes d’influence basés sur l’exploitation animale.

Les missions de CAP

CAP va constituer un réseau de parlementaires sensibles à la condition animale. Avec le renouvellement en profondeur des députés depuis les dernières élections, il est plus important que jamais d’identifier qui pense quoi à l’Assemblée sur les sujets relatifs à la condition animale. L’objectif d’ici 2018 est d’avoir rencontré 150 parlementaires en ce sens.

CAP veut aussi se positionner comme un point de repère :

  • Etre le relais entre élus et associations.
  • Favoriser les échanges et créer des liens de confiance :
    • Entre politiques sympathisants qui ne se connaissent pas cette sensibilité commune,
      entre politiques et associations au quotidien,
    • entre politiques, associations et experts au travers de l’organisation de 4 événements annuels pour se rencontrer.
  • Contribuer à la pérennité du groupe d’études de l’Assemblée Nationale sur la protection des animaux.
  • Susciter la création d’un groupe identique au Sénat.
  • Créer un réseau d’influence auprès des cabinets des différents ministres concernés (Agriculture, Transition écologique, Intérieur, Justice, Santé, etc.)

L’équipe de CAP

Financement

CAP est financée par ses organisations-membres et par une campagne de crowdfunding à laquelle nous vous encourageons à contribuer.

Vous pouvez trouver toutes les informations nécessaires en cliquant ici.

Quand le fisc passe, la corrida trépasse

Cinq longues années : c’est le temps qui aura été nécessaire au fisc pour mettre fin à la rétention illégale de TVA pratiquée par la société de Simon Casas, dans le cadre de la délégation de service public dont il bénéficie pour les arènes de Nîmes.

La confirmation par le Conseil d’État le 27 juillet 2016 de la non-inscription définitive de la corrida au patrimoine culturel immatériel français a anéanti les derniers espoirs infondés de Simon Casas de pouvoir conserver les 2 millions d’euros de TVA qu’il n’avait pas reversés au Trésor public depuis 2011.

Un naufrage financier

L’année 2016 a donc été synonyme d’un gros chèque de régularisation qui, forcément, débouche sur une situation financière catastrophique, pour ne pas dire apocalyptique. En effet, fin 2015, la société Simon Casas production pouvait s’enorgueillir d’une trésorerie affichant un solde positif de 1,6 million d’euros. De quoi faire pâlir de jalousie n’importe quel entrepreneur. Oui, sauf que ce niveau remarquable avait pu être atteint grâce au non-reversement de 2 millions d’euros de TVA précédemment évoqué.

Dès lors, lorsque la situation est régularisée, ce n’est plus la même chanson : il reste à la société de Simon Casas un peu plus de 3 000 euros sur deux comptes bancaires et 6 700 euros en caisse. Soit à peine 10 000 euros qui apparaissent terriblement ridicules en comparaison des 1,6 million affichés un an avant. Mais bon, comme le dit l’adage, le ridicule ne tue pas (contrairement aux sévices graves et actes de cruauté perpétrés dans les arènes) et après tout, il vaut toujours mieux un petit solde positif qu’un gouffre financier négatif. Hé bien justement, là est le problème : il existe un troisième compte bancaire ouvert auprès de la Société Marseillaise de Crédit qui présente un découvert de 149 000 €. La situation financière globale de la SAS Simon Casas production présente donc un solde négatif de 140 000 € au 31/12/2016.

Et pour régulariser sa situation auprès du fisc, vider ses comptes et obtenir un tel niveau de découvert n’a pas été suffisant : Simon Casas a dû bénéficier d’un apport de 180 000 € de la part de la SCP Zaragoza (une filiale espagnole) et d’un autre de 150 000 € d’une structure dénommée Magiva.

Ce qui se traduit par un état d’endettement colossal, atteignant les 3,4 millions d’euros.

Une reconversion en vue ?

Côté chiffre d’affaires, là non plus pas de bonnes nouvelles à attendre : une baisse globale de 6,5 % par rapport à l’année précédente (où une diminution de 20 % avait déjà été constatée). Mieux encore (ou pire, si l’on est aficionado) : la part du chiffre d’affaires concernant la corrida chute de 11 %.

Car ce qu’il faut retenir, c’est que si Simon Casas clame officiellement que la corrida se porte bien et qu’elle a de l’avenir (selon son rapport annuel de gestion, cette baisse trouve uniquement son origine dans les mesures d’état d’urgence imposées par l’État tout au long de l’année 2016), officieusement il en est tellement persuadé qu’il diversifie de plus en plus l’activité de sa société… au détriment de la partie corrida, notamment pour organiser des courses camarguaises (il nous expliquera au passage pourquoi les mêmes prétendues mesures d’état d’urgence se traduisent miraculeusement par une hausse de 711 % du chiffre d’affaires de ces courses). On ne peut cependant que lui reconnaître un soupçon de lucidité sur ce coup, lorsque l’on constate notamment le niveau de rémunération des toreros (1,7 million d’euros en 2015 et 1,4 million en 2016).

Merci qui ? Merci la SMC !

Il n’aura en tout cas pas fallu attendre longtemps pour que les fournisseurs de la SAS Simon Casas production prennent la mesure de la situation. Les retards de paiement les y ont très certainement aidés : l’endettement fournisseurs a bondi de 52 % en un an pour s’établir à presque 2 millions d’euros. Dès lors, beaucoup d’entre eux exigent qu’une partie de leurs prestations soient payées à l’avance, ce qui explique le million d’euros d’acomptes supplémentaire qui a dû être versé sur l’exercice 2016 pour la saison 2017.

La question finale qui se pose est on ne peut plus simple : comment la structure de Simon Casas fait-elle à ce jour pour ne pas être en cessation de paiement ? La réponse a été donnée précédemment : grâce à la Société Marseillaise de Crédit (SMC). Non contente d’avoir octroyé une autorisation de découvert abyssale, elle s’est également portée caution à hauteur de 922 000 euros sur les 2 millions de TVA non reversées au fisc.

Pourquoi cette banque a-t-elle pris un tel risque, le redressement étant inéluctable – ce qu’a probablement dû lui signifier son service juridique – et la faculté de remboursement du découvert improbable ?

Le petit monde de la tauromachie a décidément cette tradition financière sibylline qui lui colle à la peau…

David Joly
Trésorier No Corrida