Les « jeunes aficionados » inquiets pour l’avenir de la corrida

Un groupe de « jeunes aficionados », avec à leur tête Corentin Carpentier, président des « Jeunes Aficionados Nïmois » et également participant largement filmé et photographié lors des violences de Rodilhan en 2011 à l’encontre de manifestants anti-corrida pacifistes (un procès prochain avec plus d’une trentaine de brutes accusées de coups, blessures, injures, menaces et autres agressions sexuelles…), demande à être reçu par le préfet du Gard.

Ce groupe de 19 personnes qui, dans l’intitulé ronflant de son communiqué tente de se faire passer pour représentatif et porte parole de la jeunesse du Languedoc, de Provence et de Camargue (rien de moins que ça !) utilise même en en-tête les symboles et drapeaux de ces régions afin de tenter de donner un caractère populaire et officiel à sa démarche ! Pourtant ce communiqué à la syntaxe parfois maladroite n’émane en fait que d’une poignée de fanatiques de ce sinistre spectacle de torture sur bovins, désigné par notre code pénal comme actes de cruautés et sévices graves, et que les adeptes de ces pratiques sanguinaires veulent faire passer pour un « art » : la corrida.

Appel de l'a jeunesse du Languedoc, de Provence, et de Camargue
Le contenu du texte est un véritable condensé des mensonges et manipulations habituels des propagandistes de la torture :

  • on y flatte le communautarisme (les opposants à la corrida sont tous des étrangers),
  • on y entretient l’amalgame (ce serait toutes les traditions taurines qui seraient menacées, alors que seule la corrida espagnole avec mise à mort est concernée),
  • on y désigne des coupables sans preuve (les « dégradations dans les arènes » dont on recherche encore le ou les auteurs…),
  • on y crie « au loup » (les anti-corrida y sont décrits comme des « extrémistes végétaliens actifs »… donc si vous êtes omnivores, flexitariens, végétariens, ou si vous ne communiquez pas sur votre régime alimentaire, et bien évidemment si vous n’êtes pas un « extrémiste » – quoi que ce terme veuille encore signifier tant il est utilisé pour désigner tout et son contraire –, vous n’êtes pas anti-corrida !),
  • et bien entendu, on y menace indirectement en évoquant de futures violences  : « Laisser les anti-tout continuer dans le sens dans lequel ils se dirigent (NDLA : admirez le style !), serait s’exposer à de graves incidents qui seraient la conséquence d’une exaspération grandissante de la jeunesse et du peuple languedocien ».


Cette dernière phrase (une menace à peine voilée) est particulièrement intéressante alors que les violences commises récemment à Saint-Gilles à l’encontre des opposants à la corrida laissent planer plus qu’un doute quant à leur possible préméditation.

Rappelons que la violence a toujours été le fait des aficionados, et n’a rien de nouveau dans leur attittude : Rodilhan en 2011 (plus de 30 personnes inculpées), Rion-des-Landes en 2013 (un opposant à la corrida dans le coma, entre autres…), Saint-Gilles il y a quelques jours.

Cela n’a rien d’étonnant : la violence et la brutalité sont au cœur de leur passion tauromachique.

Ces « jeunes aficionados » peuvent d’ailleurs en trouver un exemple dans les « glorieux aînés » en la personne du vieux briscard de la propagande tauromachique André Viard, qui écrivait encore très récemment cet appel à la violence et aux représailles en cas d’évolution de la situation en faveur des abolitionnistes : « alors, je vous le dis, nous nous souviendrions de nos aînés, de la levée des tridents à Nîmes et de la résistance dacquoise incarnée par le maire Milies Lacroix. Et alors, je vous le dis aussi, si après avoir épuisé toutes les voies du droit qui demeurent notre ligne de conduite et justifient les appels au calme que nous rééditons aujourd’hui, si l’injustice doit être la règle, que les xénophobes radicaux du terrorisme animaliste, après avoir mesuré notre patience, se préparent à affronter notre colère : ils savent où nous trouver, mais nous savons aussi. «  (Ce texte est tiré de son éditorial du 1er décembre dernier, éditorial soumis à la critique de la FLAC dans l’article suivant)

Il apparaît de plus en plus évident que cette année 2014 marque un tournant décisif dans la lutte contre la corrida, ses réseaux, sa violence et l’ensemble de la « filière de la torture ». Une chose est certaine : ces « jeunes aficionados » en ont bien conscience et témoignent par leur démarche que l’avenir de la barbarie sanglante qui les fait tant frémir et se pâmer est désormais fort compromis. On s’y emploie.

L’article du Midi libre sur ce communiqué.

Soupe à la grimace chez les aficionados

Chaque samedi, sur la radio France Bleu Gascogne l’émission « Callejon » vante les mérites de la torture de bovins, veaux et taureaux, et chante la gloire de leurs bourreaux.

Cette semaine, une émission plutôt intéressante pour nous, opposants à la corrida.

On passera très vite sur la première séquence radiophonique, pendant laquelle le tueur de taureaux Julien Lescaret nous livre ses réflexions sans intérêt sur l’actualité tauromachique avec la même aisance et vivacité qu’un écolier anonant péniblement une récitation apprise de la veille au soir.

La seconde partie de l’émission nous interpelle plus, beaucoup plus. Les chroniqueurs tauromachiques s’y montrent particulièrement inquiets sur l’avenir de la corrida. Non pas à cause de l’action des anti-corrida – qu’ils minimisent volontairement en regrettant que les aficionados leur accordent autant d’importance -, mais surtout très inquiets du fait des contraintes économiques qui pèsent de plus en plus lourdement sur la filière de la torture : des corridas et novilladas bradées par leurs promoteurs, des exigences financières astronomiques de la part des « stars » de l’embrochage de ruminants, et surtout une « crise » dans les élevages qui fait craindre à ces spécialistes une véritable pénurie de victimes innocentes dans les toutes prochaines années !

D’où leur inquiétude : moins de taureaux, moins de corridas ! En seront-ils réduits à toréer des moutons ou des chèvres « bravos » ? Faute d’exercice, les « figuras » risquent de prendre de l’embonpoint ; on leur suggérera donc la corrida d’escargots, une autre bête à cornes dont la vélocité et la fureur sera à la mesure de ces tortionnaires en crise…

Enfin, la troisième partie de l’émission nous intéresse également très directement. L’invité en est Richard Millan, ancien torero, et directeur d’une école taurine (« Adour Aficion »), présentée comme la seule école taurine du Sud-Ouest ! Il y exprime ses craintes vis à vis des campagnes pour l’interdiction de la corrida aux enfants de moins de 16 ans, évoque une réunion publique dont il était l’intervenant perturbée par des militants anti-corrida, se vante d’avoir dans son école un apprenti tortionnaire de 8 ans ( !), et un autre de 10 ans « ayant déjà beaucoup de métier »… Tout en regrettant de voir baisser ses effectifs, passés de 13 élèves à 12 cette année ! (Richard Millan avait été invité officiellement par la FLAC à la conférence donnée à Dax par le professeur Hubert Montagner. Il a bien reçu l’invitation (accusé de réception) mais n’est jamais apparu. Dommage…)

On bombe le torse en chantonnant « tout va bien Madame la Marquise », mais en fait ça serre les fesses…

Serge et Arno KLARSFELD, deux générations contre la corrida !

Suite à deux éditoriaux honteux d’André VIARD où le président de l’ONCT compare le ressenti actuel des aficionados face à nos actions, à celui des juifs persécutés par les nazis, une légende de la traque aux nazis, Serge KLARSFELD, et son fils Arno KLARSFELD, adressent un message très fort à André VIARD.  A cette occasion, ils dépeignent fort bien et avec beaucoup de justesse ce qu’est réellement la corrida…

Thierry Hély de la Fédération des Luttes pour l’Abolition des Corridas (FLAC) nous a demandé à mon mon père et à moi même quelques lignes sur la corrida et sur le fait qu’André Viard, un aficionado bien connu se comparait aux juifs en Allemagne durant l’hitlérisme et comparait les anti-corridas à des hitlériens. Voici les quelques lignes :

Serge Klarsfeld ©PHOTOPQR/NICE MATIN/Patrice lapoiriele 10/05/2009Comment juger la corrida quand on s’est toujours refusé à en voir même une seule. Notre refus s’appuie sur notre bienveillance pour le taureau martyrisé et sur l’intuition que le taureau n’est qu’un leurre, un substitut pour l’homme et que la corrida est un reliquat des jeux du cirque. Le taureau est élevé pour être un super gladiateur chargé d’affronter un autre gladiateur, le torero, qui bien qu’il court des dangers ne périt que rarement. Accepter les corridas c’est perpétuer le Colisée dans les arènes parfois millénaires où autrefois les hommes s’entretuaient pour le plaisir d’un public lui aussi attaché à ses traditions. Supprimer les corridas serait l’ultime rupture dans notre époque héritée du monde romain où la mort de l’homme était acceptée pour le plaisir de leurs contemporains.

Arno Klarsfeld ©Le JDDLa fin de la corrida serait peut-être une perte pour les traditions mais ce serait une belle avancée à la fois humaine et animale.

Les aficionados comme André Viard insultent la vérité en se comparant aux juifs persécutés pendant la Shoah et en comparant leurs contempteurs à des hitlériens. Ils feraient mieux d’explorer leur inconscient pour chercher à savoir à quel camp ils appartiennent :  celui des victimes ou celui des bourreaux ?

Leur vision de la corrida les éblouit au point de les aveugler y compris sur eux-mêmes…

Serge et Arno Klarsfeld

La corrida assiégée !

Pour reprendre une partie des voeux de la FLAC diffusés au début de cette année :

« Lors de cette année 2013, le combat pour notre cause si difficile n’a jamais été aussi omniprésent et pugnace sous toutes ses formes : sur le terrain, lors de colloques, auprès des politiques, artistiquement et dans les médias. En toute complémentarité.

Aux dires même des aficionados, nous représentons désormais pour eux un véritable danger. Nous sommes incontournables ! Le temps du mépris à notre égard depuis des décennies est révolu. »

Il est désormais évident pour tous que les opposants à la corrida, qu’ils soient individuels ou regroupés dans des associations actives pour l’abolition, sont déterminés à ne rien laisser passer et à dénoncer la barbarie des arènes, sous toutes ses formes !

La mise à mal de la corrida se fait également ressentir dans une baisse de fréquentation – plus ou moins importante selon les villes – des arènes (on a récemment pu en vérifier toute l’ampleur lors de la publication des chiffres des arènes de Nîmes, en dégringolade…).

Certains aficionados – vérité ? propagande ? – entendent relever la tête et tenter ainsi de faire bonne figure.

Dans un article récent les « clubs taurins du Gers » évoquent de manière floue et imprécise « une version plutôt positive de la dernière saison taurine »… Tellement positive qu’ils déplorent quelques lignes plus bas « un amoncellement d’inquiétudes », « une persécution des services fiscaux » (tiens donc, une certaine opacité des comptes taurins aurait-elle attiré l’attention du fisc ?) et « la nouvelle façon d’agir des opposants à la corrida » ! En prévoyant d’avoir à affronter en 2014 une « tourmente ». Effectivement, chacun pourra ainsi constater le caractère éminemment positif de cette dernière saison taurine…

L’axe fondamental de notre action mis en avant par la FLAC et ses associations membres est celui de l’interdiction des corridas aux enfants de moins de 16 ans.

D’ores et déjà nous vous donnons rendez vous pour ce début d’année le samedi 15 février à Bordeaux pour une conférence-débat organisée avec la participation du professeur Hubert Montagner.

Venez nombreux à Bordeaux. C’est très important !

Samedi 15 février 2014 de 14h30 à 19h
Maison Cantonale
20 rue de Chateauneuf
33100 Bordeaux

Conférence à Bordeaux : L'influence de la violence sur le psychisme des enfantsCette conférence – débat, organisée par le CRAC Europe se déroulera en présence du professeur Hubert Montagner (Comité d’honneur de la FLAC Professeur des universités en retraite, ancien directeur de recherches à l’INSERM, …), de Gérard Charollois (Président de Convention Vie et Nature), du docteur Jean-Michel Gouffrant (chirurgien des toreros) et de Jean-Pierre Garrigues (vice président du CRAC Europe). D’autres intervenants sont encore à confirmer.

Le film Alinéa 3 de Jérôme Lescure (A.L.F.) sera projeté pour l’occasion.