Depuis l’annonce de l’abolition de la corrida en Catalogne en 2010, la lutte contre la barbarie tauromachique n’a pas faibli en Espagne. Depuis quelques temps les résultats deviennent enfin palpables, et les dernières élections municipales et provinciales sont venu renforcer cet état de fait.
De l’autre côté des Pyrénées le principal soutien de la corrida est essentiellement le Partido Popular, au pouvoir, qui depuis des années veille sur le maintien et la protection de la corrida face à la montée en force de ses opposants. De plus en plus critiqué pour sa politique d’austérité (mais bien moins économe des fonds publics dès qu’il s’agit de subventionner la tauromachie avec l’argent des contribuables) et impliqué dans de multiples malversations et scandales de corruption, les récentes élections de mai 2015 ont vu le PP, sa politique et son goût pour les « affaires » se faire lourdement sanctionner. De nouvelles formations et coalitions se sont imposées, particulièrement le parti Podemos, et ont ainsi ouvert le champ à la mise en place de politiques plus libres et éthiques, notamment concernant la question animale, et la tauromachie en particulier.
La mise en parallèle des situations françaises et espagnoles est d’ailleurs particulièrement significative du caractère manipulateur et mensonger du discours tauromachique : tandis qu’en Espagne la promotion de la corrida est une arme du pouvoir central destinée à s’imposer aux identités provinciales et locales et à uniformiser ces communautés dans un culte commun de la corrida, vaille que vaille et à n’importe quel prix, en France, la corrida est à l’inverse, présentée par le lobby taurin comme l’expression de particularismes régionaux menacée par l’uniformisation ! Un discours d’ailleurs souvent nauséabond tant il tire sur les grosses ficelles identitaires et communautaristes et s’en prend régulièrement à tout ce qui est autre, étranger, « pas de la ville », « pas de la région » en n’hésitant pas à pointer du doigt les « locaux » opposés à cette barbarie désignés comme des citoyens de seconde zone qui auraient tout intérêt à aller habiter ailleurs…
En Espagne, un changement important consiste en la volonté d’un nombre grandissant de municipalités de mettre un terme aux subventions versées à la tauromachie. Certaines villes refusent désormais que les arènes municipales soient utilisées pour des spectacles impliquant des actes de cruauté et sévices graves sur des animaux. D’autres ont décidé de mettre en place des référendums afin de soumettre au vote de la population la possibilité d’interdire la corrida. Nous n’allons pas ici dresser une liste exhaustive de toutes les communes concernées, mais nous allons plutôt détailler quelques cas particulièrement marquants de cette évolution de la société espagnole et de ses citoyens et élus vis à vis de la corrida.
Madrid : la capitale espagnole s’est dotée d’une nouvelle équipe municipale lors des dernières élections. C’est désormais une figure du mouvement des « indignés », Manuela Carmena, qui est à la tête de la ville. Et parmi ses premières annonces figure l’arrêt de toutes les subventions publiques liées à la tauromachie, ainsi qu’aux écoles taurines ! Un coup dur pour la corrida car c’est là la voix de la capitale, la plus grande ville du pays qui abrite aussi les principales institutions politiques, dont le siège du gouvernement, le parlement espagnol ou même le palais royal ! Un symbole très fort qui ne s’arrête pas à la seule tauromachie puisque Manuela Carmena a également annoncé sa volonté de faire de Madrid une ville officiellement « amie des animaux »…
La Corogne : il s’agit là d’un cas particulièrement exemplaire. Une longue et courageuse campagne a été menée depuis plusieurs mois par les abolitionnistes en Galice. Pétition, rassemblement de protestation, manifestations, rencontres avec politiques et médias… L’énergie et le temps dépensés sans compter ne l’ont pas été en vain. La nouvelle municipalité a rapidement annoncé après son élection avoir pris la décision de mettre immédiatement un terme au contrat passé pour l’organisation de corridas. La rupture du contrat a été immédiate, et dès cet été, la ville se voit libérée de ces sanglants et tristes spectacles !
Majorques : la communauté autonome des îles Baléares semble elle aussi en bonne voie vers la fin totale de la corrida. Là aussi c’est une longue campagne abolitionniste qui se voit enfin couronnée de succès. Plus de 20 villes majorquines se sont déclaré en quelques mois « villes anti-taurines », et le 30 juillet dernier c’est la capitale, Palma, qui s’est officiellement déclarée elle aussi « ville anti-taurine » ! Il s’agit là d’un événement particulièrement significatif car même si depuis quelques années les corridas de Majorque ne sont plus auréolées de la « gloire » du passé, elles ont longtemps été considérées comme faisant partie des plus importantes d’Espagne… Cette année malheureusement encore la barbarie des arènes sera à l’oeuvre : les arènes sont privées et les contrats déjà conclus pour les corridas de l’été. L’année prochaine verra peut être la fin de la corrida à Palma : la ville logiquement ne renouvellera pas la licence accordée aux propriétaires. La municipalité entend d’ailleurs proposer au parlement des Baléares d’interdire purement et simplement la corrida dans tout l’archipel.
Villafranca de los Caballeros : cette petite commune de la région de Tolède a pris une décision très remarquée. La municipalité vient en effet de faire le choix de privilégier l’éducation des enfants plutôt que des spectacles mettant en scène la torture animale ! Les subventions à la tauromachie sont supprimées, et les sommes qui y étaient affectées seront désormais consacrés à l’acquisition de matériel scolaire, et notamment de livres pour les enfants de la commune. Cette annonce a rapidement dépassé le cadre local et provincial pour être relayée internationalement dans de nombreux médias. La publicité faire à cette décision constructive et généreuse est une nouvelle preuve du rejet généralisé de la corrida.
Les communes prenant le partie de mettre un terme au soutien à la tauromachie en Espagne sont encore peu nombreuses face à toutes celles où cette horreur continue non seulement à sévir, mais aussi à le faire en puisant dans les fonds publics. Mais le vent du changement et de l’évolution a commencé à souffler et les cas cités (ainsi que tous ceux dont nous n’avons pas parler mais qui sont également courageux) ont force d’exemple et nous ne doutons pas que d’autres villes suivent cette voie, en prenant ainsi conscience qu’elles peuvent elles aussi en finir avec les pressions du lobby taurin, et ce avec le soutien de nombreux citoyens, d’organisations actives et reconnues, de politiques et de médias ! D’autant plus que le mythe d’une corrida créatrice de nombreux emplois a été récemment totalement démonté dans un rapport détaillé et diffusé par une organisation de vétérinaires espagnols…
Il est grand temps qu’en France aussi des élus prennent enfin leur courage à deux mains et se désolidarisent de la corrida, une pratique toujours plus contestée et qui dans notre pays également pèse sur les finances publiques tant par le biais des subventions, que des « petits cadeaux » faits aux organisateurs, ou même à l’implication de plusieurs figures importantes de la corrida dans des affaires de fraude à la TVA !
Au nom de l’éthique et d’une grande majorité de français favorable à l’abolition des corridas, sud de la France compris, il faut que cela cesse !
Même Madrid ne veut plus subventionner son école taurine !
http://www.lepetitjournal.com/madrid/accueil/en-bref/226311-tauromachie-fin-des-subventions-pour-l-ecole-municipale-madrilene
Ce sont de bonnes décisions prises par certaines municipalités espagnoles, espérons quelles se généraliseront !
C’est toujours mieux qu’en France, où pratiquement toutes les municipalités des zones tauromachiques ne désapprouvent pas la corrida, alors que dans ces même villes, seulement une petite minorité d’habitants approuvent ces spectacles dégradants.
Où est la démocratie ? A quand un référendum d’initiative populaire pour le maintien ou non de l’abjecte corrida dans ces villes de sang ?
Un article qui donne espoir. Cependant encore trop de personnes opposées à la corrida (et à la souffrance animale) laissent « les autres » agir pour elles et se contentent de regarder. On applique donc le « qui ne dit mot, consent ». L’heure est à la transparence et à la prise de position avec courage. Nous sommes de plus en plus nombreux à défendre les animaux. De plus en plus, dans les programmes d’élections, on ne peut pas occulter la condition et la cause animales.
Le mal est venu d’ Espagne il y a un siècle et demi.
Ce grand pays voisin est en train de virer sa cuti, et bascule peu à peu vers une éradication radicale de cette sadique barbarie.
En retrouvant son honneur elle nous invite à procéder de même, et la soutenant dans cette magnifique entreprise, nous devons tout faire pour l’ imiter et nous débarrasser définitivement de ces jeux sanglants.
La Flac, on ne vous voit hélas jamais sur les chaines nationales, c’est bien dommage il faudrait pouvoir exprimer les malversations financières et mafieuses liées à la corrida, les dénoncer régulièrement, trouver un soutien dans les médias pour se faire…… Trouver des journalistes qui publient sur le net des buzz touchant un max de monde, il n’y a que comme ça de nos jours que les choses peuvent évoluer, la mauvaise publicité embarrassant toujours le pouvoir
Quelle belle idée que celle des édiles de Villafranca de los Caballeros qui ont préféré privilégier l’humanité de l’humain à son avilissement par la barbarie en investissant l’argent préalablement destiné à la corrida dans l’éducation des enfants.
Voilà de très bonnes nouvelles! Plus de sous, plus de sang! Merci à ceux qui travaillent sans relâche pour faire avancer cette cause.
Reste aussi le problème de deux villes importantes en Espagne et en France : Pampelune et Bayonne qui ont toutes les deux des férias destinés à « célébrer » le taureau . La fête de la San Fermin est une des plus importantes d’Espagne et donne lieu aux célèbres courses de taureaux à travers les rues de la ville qui font chaque année de nombreuses victimes. Ne pas oublier que le taureau de combat tel qu’il est élevé en Andalousie reste un animal dangereux car élevé pour la corrida et qui ne doit en aucun cas être confronté au vulgum pecus mais bien à des matadors susceptibles d’affronter de telles bêtes ! Mais le mieux serait encore de remplacer les élevages de taureaux de combat par des élevages de vachettes beaucoup plus inoffensives !