Le FBI reconnait le lien entre violence sur animaux et violences sur humains !

Il y a quelques semaines, le FBI américain a pris la décision de considérer comme une infraction majeure les crimes commis sur des animaux. Il s’agit là d’une reconnaissance évidente par une autorité de premier tout à la fois de la nature criminelle et cruelle des actes de sévices perpétrés contre des animaux, mais aussi du lien existant entre ces crimes et ceux commis à l’encontre d’êtres humains.

Ce lien est désormais établi par de nombreuses études et travaux. Aux Etats-Unis la « National Link Coalition » étudie et alerte sur ces actes de cruauté envers les animaux qui souvent sont le signal d’alarme indiquant l’existence ou l’apparition prochaine d’actes de maltraitance vis-à-vis d’êtres humains. Cela a notamment été mis en lumière dans le cadre des violences familiales. Eleonora Gullone, spécialiste et professeur de psychologie renommée a déclaré  : « il est incontestable que l’agression dirigée vers les animaux et l’agression dirigée vers les humains ne constituent pas deux comportements distincts : de façon prévisible, les deux comportements sont liés. (…) En fait, la maltraitance des animaux peut servir d’indicateur des autres types de violence avec une précision remarquable, qu’il s’agisse de la violence familiale, de la criminalité ou de la maltraitance des enfants. »

Cette problématique particulièrement sensible avait déjà été évoquée en France lors d’un colloque dont la FLAC était partenaire.

A tout le moins, et sans avoir besoin d’être un professionnel de la psychologie ou de la criminologie, il semble être parfaitement de bon sens d’estimer que celui qui éprouve du plaisir à battre, torturer ou tuer un animal, peut effectivement développer en lui un penchant menant à commettre des actes similaires envers des êtres humains. Si bien évidemment cela ne peut être considéré comme une généralité, le doute et le simple principe de précaution devraient conduire nos sociétés à surveiller au plus près les auteurs de tels actes, afin de prévenir non seulement la récidive mais aussi d’éventuelles futures brutalités à l’encontre d’enfants, femmes ou hommes, dans le cadre familial ou non.

Des études menées sur ce sujet ont permis d’apporter une première estimation chiffrée concernant les corrélations entre sévices visant des animaux et actes criminels à l’encontre d’êtres humains. On retiendra que les auteurs de crimes contre des animaux représentent la moitié de condamnés pour viol, la quasi-totalité des auteurs d’homicides sexuels, plus de 70 % d’auteurs de crimes sadiques récidivistes, et près de 60 % des délinquants violents !

Bien sûr, tous les auteurs d’actes violents à l’encontre d’animaux ne deviennent pas également des tortionnaires ou criminels ayant des êtres humains pour victimes. Les auteurs d’études sur ce sujet soulignent que certaines particularités émergent des observations afin de désigner comme indicateurs forts la répétition de ces comportements, ou encore le fait que l’auteur a déjà un lien avec ses victimes animale (animaux domestiques, chiens, chats)…

coupsDans le cadre de la corrida, on peut donc légitimement se poser la question du rapport entre la mise en scène et la glorification de la violence de ce spectacle, et les risques de voir ses spectateurs tendre ainsi plus facilement vers des actes de violence contre d’autres hommes ou femmes. En aucun cas, la vision d’un être vivant supplicié et mis à mort dans un but de divertissement ne peut constituer une valeur éducative pour les enfants. La corrida ne présente pas seulement la violence et la mort, elle les glorifie et fait de l’auteur de ces actes une figure exemplaire ! L’ONU a récemment émis une recommandation visant à en éloigner les enfants. Cet organisme a fort justement estimé que le fait d’inciter et d’emmener de jeunes enfants voir de tels spectacles (considérés par le code pénal comme des « actes de cruauté et sévices graves ») allait à l’encontre de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.

Pour les adultes, la problématique peut sembler différente. Et quant aux enfants, de nombreux défenseurs de la corrida se citent volontiers en exemple en indiquant que malgré leur présence répétée aux corridas depuis leur enfance, ils ne sont en rien des « tueurs psychopathes » ou autres « détraqués » mais au contraire des citoyens respectables et bien intégrés à leur communauté. Nous leur répondrons que le lien pointé plus haut par des spécialistes n’est en rien systématique, mais aussi que la vision des violences perpétrées par des spectateurs de corrida lors de manifestations d’opposants, qui vont de l’insulte au tabassage pur et simple, à coups de poing et de pieds, à coup de barre de fer et qui ont fait de nombreux blessés ne plaident pas en faveur de l’équilibre psychologique d’une partie des adeptes de ces spectacles barbares. Devant ces actes d’une brutalité inouïe (les aficionados ont été jusqu’à jeter par-dessus les rambardes des gradins un manifestant, gravement blessé, dans le but évident de lui occasionner le plus de dégâts physiques possibles, voire pire encore…) les autres spectateurs ne tentent pas d’y mettre un terme, bien au contraire on peut constater avec effroi qu’une partie d’entre eux encourage les auteurs de ces actes à frapper encore et encore, à aller plus loin dans la violence, y compris dans le cadre d’agressions ou menaces à l’encontre de femmes présentes qui se voient livrées à des agresseurs que la foule incite à déshabiller ou violenter leurs victimes…

On pourra visionner ces vidéos édifiantes :

Violences commises par plus de 30 aficionados à Rodilhan :

Lynchages et incitations à toujours plus de coups à Maubourguet :

rodilhanCe triste constat de la brutalité humaine, qui par sa répétition ne permet plus de penser à une dérive isolée mais au contraire à un penchant fort présent chez une partie non négligeable des habitués de la corrida, vient renforcer notre détermination à lutter contre cette pratique sanguinaire. La corrida, ainsi que la FLAC l’a toujours pointée du doigt, constitue évidemment une violence à l’encontre de l’animal, mais aussi une violence à l’encontre de l’homme, et plus particulièrement des enfants qui représentent la cible privilégiée, la plus facile et malléable du prosélytisme tauromachique. Les déclarations sur ce sujet par des pro corrida (et notamment celles effectuées lors du dernier congrès de la Fédération des Sociétés Taurines de France – FSTF) mettent l’accent sur le fait de mener des actions enfants voir une corrida. Pas de les accompagner ou de les encadrer dans le cas où ces jeunes souhaiteraient y assister de leur propre chef. Non, il s’agît là de les mener à la corrida. Il y a là une évidente volonté de prosélytisme et d’embrigadement. Ces intervenants ne sont pas là pour aider à expliquer la tauromachie à un enfant qui est décidé à entrer dans une arène, mais pour déculpabiliser les parents qui envisagent d’y emmener leurs enfants dans le but de leur faire partager et donc soutenir leur passion. La priorité n’est pas à l’éducation mais au « militantisme » tauromachique.

La décision d’un organisme tel que le FBI est donc doublement importante : pour la lutte contre les crimes à l’encontre des animaux aux Etats-Unis bien sûr, mais aussi pour témoigner sur le fait que la violence commise à l’encontre d’animaux ailleurs (en France notamment), ne sont jamais loin de celle qui peut prendre pour cible les hommes, les femmes, les enfants…

Les enfants : instruments de la corrida ?

Le Comité des Droits de l’Enfant de l’ONU a émis récemment une recommandation visant à éloigner les enfants de la violence des arènes. Cette recommandation est – dans un premier temps – destinée au Portugal. Le tour de la France approche, et la présence, voire l’instrumentalisation, des enfants lors de corridas ou dans les écoles taurines sera bientôt soumise à la critique de l’organisation internationale.

Vouloir protéger les plus jeunes du spectacle de la barbarie glorifiée n’est en rien liberticide ou réactionnaire. Au contraire : notre société n’a-t-elle justement pas tout à gagner à évoluer vers plus de paix, plus de respect, moins de traumatisme, moins de cruauté ?

Doit-on également honorer et reproduire les guerres, bombardements et massacres au prétexte qu’il s’agit là d’une activité ancestrale et “historique” de l’espèce humaine, et que les enfants ne devraient pas être tenus à l’écart de ces réalités ? Serait-il donc légitime de justifier les actes terroristes à l’encontre des pays les plus riches en arguant du fait que les victimes de ces attentats ont connu pendant des années une existence particulièrement enviable et confortable en comparaison du quotidien des plus démunis de la planète ?

Nos contradicteurs adeptes des tauromachies espagnoles ou portugaises nous opposent régulièrement leur propre exemple. Combien de fois a-t-on pu entendre ou lire : “je vais voir des corridas depuis mon plus jeune âge, et je n’ai aucun problème psychologique”… Sachant qu’elle provient de personnes qui saison après saison courent dans les arènes pour savourer des spectacles d’actes de cruauté et sévices graves sur des animaux (ce sont les termes du code pénal), ou d’autres qui – on l’a hélas vu encore récemment – n’hésitent pas à agresser physiquement, frapper à coups de poings et de pieds, des militant(e)s anti-corrida, cette remarque a de quoi laisser dubitatif…

En dehors des aficionados fanatiques, il paraîtra évident à tout un chacun que présenter à un enfant pendant des dizaines de minutes, des heures, le triste et brutal spectacle d’un animal harcelé, poussé à bout, bardé de coups, ensanglanté, puis finalement mis à mort avec plus ou moins d’efficacité, le tout sous les bravos et les encouragements de la foule n’a rien d’anodin !

Le bon sens et la responsabilité parentale que nous ne dénions pas aux parents aficionados dans tous les autres domaines, ce bon sens et cette responsabilité semblent disparaître aux abords des arènes pour certains. On a pu voir ainsi circulant sur internet une vidéo édifiante présentant une petite fille (7 ans ? 8 ans ?) refusant d’entrer dans les arènes et cherchant à s’éloigner. Petite fille rattrapée par sa mère et traînée de force en direction de l’entrée où devait se dérouler une corrida !

Une émission de radio spécialisée dans la promotion de la tauromachie (et plus particulièrement de celle qui implique de supplicier et tuer)  n’hésite pas à encourager les parents aficionados à emmener leurs enfants voir des corrida. En indiquant clairement à ses auditeurs qu’il s’agit là de faire acte de prosélytisme ! Un prosélytisme indispensable selon eux pour garantir la survivance de la corrida espagnole en France… Dans d’autres domaines, ce genre d’incitation serait considérée comme la marque d’une pratique sectaire.

Ainsi que l’a fort justement souligné le professeur Hubert Montagner, un vrai “principe de précaution” devrait être appliqué pour la corrida . Il est aberrant que les images les plus brutalement réalistes de ce “spectacle” soit interdites de diffusion ou d’accès limité par un organisme comme le CSA afin de ne pas heurter les plus jeunes, et que par ailleurs on encourage les enfants à prendre part à ces spectacles dans les villes dites “taurines” (entrée gratuite pour les plus jeunes, tarifs réduits, places offertes par les organisateurs ou les municipalités, etc).

Le PROTEC, un collectif de psychiatres et psychologues, vient d’adresser une lettre ouverte au Président de la République afin de le sensibiliser sur ce sujet. Nul doute qu’il s’agît là d’un nouveau pas vers un engagement soutenu pour cette cause de la part tant des opposants à la corrida, que des professionnels et spécialistes de la psychiatrie, de la protection de l’enfance et tous ceux qui sont concernés par la lutte contre la violence et la cruauté à l’œuvre dans les arènes.

afiocbaby

Lettre ouverte : réponse de Hubert Montagner à M. William Lucas

 Monsieur,

Je ne peux accepter votre texte “Pour en revenir aux propos de Monsieur Montagner” car il est fondé sur des amalgames désobligeants, malhonnêtes et diffamatoires. Quant au docteur PON, votre référence, il a triché et commis un faux. On verra les conséquences.

Tout d’abord, je n’ai jamais évoqué votre “état d’esprit complètement ravagé par la mafia taurine”, et je n’ai jamais insulté vos parents pour vous “avoir amené… voir un spectacle barbare qui forme les enfants à la violence”.  Ces mots et jugements ne font pas partie de mon vocabulaire, de ma personnalité, de ma mentalité ni de ma philosophie. En outre, je ne vous connais pas et j’ai à priori le plus grand respect pour vos parents… plus généralement pour tous les parents et toutes les familles. C’est aux personnes qui vous ont écrit qu’il faut répondre.  

Tant mieux si votre “vie d’adolescent” n’a pas été perturbée par “aucunes peurs, aucuns blocages affectifs, états d’anxiété, angoisses et désordres psychophysiologiques” (je cite). Mais, que vous le vouliez ou non, le spectacle de la souffrance animale est très insécurisant, anxiogène et/ou angoissant pour de nombreux enfants, surtout les plus fragiles et vulnérables (je vous renvoie à mes publications et livres). En conséquence, j’ai décidé de combattre toutes les formes de violence qui sont infligées aux animaux et qui peuvent générer ou renforcer les difficultés psychologiques des enfants, y compris la tauromachie. J’ai vu des enfants traumatisés par les blessures dues aux  banderilles, par le sang qui coule et par la mise à mort de taureaux dans l’arène. Tous n’étaient pas accompagnés par un adulte rassurant et sécurisant… c’est le moins qu’on puisse écrire.

Vous me calomniez et vous m’injuriez quand vous écrivez que je suis le “chef d’orchestre de cette nouvelle campagne de propagande qui vise à manipuler l’opinion des gens à travers des écrits mensongers qui sont fondés sur de faux arguments sortis d’on ne sait où”. Cette accusation mensongère est grave. En réalité, j’ai accepté de faire partie du comité d’honneur de la FLAC parce que son combat contre la violence de la corrida rejoint le mien contre les violences de toutes “natures”, que la victime soit un humain ou un animal. Pour moi, il n’y a pas de violences qui seraient acceptables et “nobles”, et  et de violences qui ne le seraient pas. Je ne saurais me substituer aux dirigeants de La FLAC, ni à ses militants. Parfaitement responsables, ils prennent leurs décisions en toute indépendance dans un combat qui les honore. Ils n’ont pas besoin d’un “chef d’orchestre”.

Quant à mes écrits qui seraient mensongers, c’est une accusation grave. Je vous mets au défit d’étayer un tel jugement. En fait, vous essayez de vous dédouaner par des amalgames aberrants et insensés en dénonçant les spectacles télévisuels “avec tous ces jeux 0ù les candidats sont sélectionnés suivant leur niveau de débilité ou d’agressivité, les chaînes espérant ainsi le clash qui fera “péter l’audimat” ou comme on dit maintenant le “Buzz”. Quelle vulgarité ! Pourquoi regardez-vous ces spectacles ? Il suffit de changer de chaîne, de lire un livre, de participer à un jeu de société, de jouer avec vos enfants ou d’autres… Pourquoi ne protestez-vous pas auprès des directeurs de chaîne ?  Faites comme moi… ne les regardez pas. Mais, apparemment, vous êtes un spectateur assidu de ces émissions “débiles “ et “agressives”, et aussi, semble t’il, “des tueries collectives organisées par des gosses influencés par leur console de jeu”. Je ne vous ai pas attendu pour m’élever contre les tueries en SYRIE et ailleurs, contre l’exploitation des enfants et contre les violences aux personnes de tout ordre dans la société française (et ailleurs). Je pense que je connais mieux que vous ce qui se passe en classe et à l’école. Je n’ai jamais hésité à dénoncer les différents facteurs et événements qui peuvent engendrer des conduites violentes chez les enfants dans leurs différents lieux de vie. Décidément, vous mélangez tout quand vous posez la question “allaient-ils aux corridas ?” au sujet des enfants qui ont commis des actes de violence. Je ne vois pas la pertinence d’une telle interrogation. Elle n’a aucun sens. Je vous suggère de poser la question “allaient-ils aux corridas ?”  pour les “enfants-soldats” qui font la guerre et tuent (que l’on contraint à faire la guerre et à tuer), notamment à l’UNICEF.

Avant d’écrire n’importe quoi, vous seriez bien inspiré de vous informer et, si possible, de réfléchir un peu sur la condition humaine. Même si vous ne lisez pas de publications ou de livres, vous pouvez consulter les sites internet appropriés ou simplement, puisque je suis concerné, former mon nom dans la fenêtre google ou yahoo de votre ordinateur. 

Vous ne manquez pas de souffle en m’accusant “d’utiliser votre statut de psychologue pour donner des leçons” et en m’intimant de me proclamer  “défenseur des animaux”. Au nom de qui, de quoi et de quel droit voulez-vous m’enfermer dans une telle case  ? Si vous étiez mieux informé et plus honnête, vous sauriez que je défends à priori toutes les formes de vie, y compris la vie animale (ma discipline, la psychophysiologie, fait partie des neurosciences), sans éprouver le besoin de “’donner des leçons”.

Quant à “laissez nos enfants tranquilles”, je ne suis pas de ceux qui portent atteinte à la tranquillité des enfants. Vous feriez mieux de vous préoccuper des enfants qui fréquentent les écoles de tauromachie 0ù on leur apprend à tuer, surtout quand ils n’ont rien demandé, et plus encore quand ils ont été contraints de s’y rendre. Il serait étonnant qu’ils soient tous tranquilles. 

Quant à ma réponse à Monsieur HINTZY, je l’ai informé que je ne l’avais pas attendu pour apporter ma contribution, certes modeste mais entière, non pas seulement à “l’aide alimentaire dans la corne de l’Afrique” et au “droit à l’éducation pour tous les enfants”, mais aussi au droit à la santé, à la sécurité affective et à un toit, non seulement dans cette région, mais aussi dans d’autres pays africains et ailleurs. J’ai contribué à la formation d’étudiants africains, brésiliens… dans les domaines du développement de l’enfant, de ses conduites, de ses systèmes de communication, de ses rythmes et de ses capacités d’adaptation non seulement en France mais aussi en Afrique, au Brésil…

Monsieur, je pourrais demander réparation à la justice pour diffamation et injures. Je ne le ferai pas, car votre écrit est pathétique. Apprenez à respecter autrui et vous serez alors digne de respect.

Je vous plains.

Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués

Hubert MONTAGNER    dr ès-sciences

Professeur des Université en retraite

ancien Directeur de Recherche à l’INSERM

ancien Directeur de l’unité “enfance inadaptée” de l’INSERM

 

  >> téléchargez la lettre de M. Hintzy, directeur de l’UNICEF, qui, en réponse à Hubert Montagner, annonce que l’UNICEF ne participera plus à la “féria des enfants” et reconnait ouvertement que la lutte contre la cruauté de la corrida est un “honorable combat”.

 

 

 

Méfaits de la corrida sur les enfants : le Pr Montagner hausse le ton.

De plus en plus isolés sont ceux qui persistent à nier que la corrida est un spectacle cruel et violent.

Il est maintenant largement admis -particulièrement dans le milieu psychiatrique- que ce spectacle, en plus de sa cruauté envers les animaux, est générateur de traumatismes importants chez l’enfant.

Seuls quelques psychiatres -aficionados- préfèrent protéger leur coupable distraction au détriment de leur crédibilité, de leurs engagements moraux et du bon développement des enfants. Les échanges de courriels ci-dessous, que la FLAC est autorisée à publier par le Pr Montagner, parlent d’eux-mêmes.

Voyez de quel côté est la raison et l’intelligence, et de quel coté se situe la sauvegarde d’intérêts personnels au détriment de la protection de nos enfants.

 

COURRIEL à Monsieur Mocrane ABBAR, chef de service au CHU de NIMES et Monsieur Philippe COURTET, chef de service au CHU Lapeyronie de MONTPELLIER

Monsieur, cher collègue,

ayant appris que votre nom figure sur la liste des pédopsychiatres et psychiatres qui auraient signé le communiqué du 11 février 2012 de l’ONCT en faveur de la corrida, je vous envoie en pièce jointe ma réponse à ce communiqué.
Il n’y a pas de doute que la très grande majorité des enfants soit affectée par la souffrance animale comme l’attestent les études et les témoignages sur les perturbations des comportements, émotions, affects et perturbations du rythme veille-sommeil chez ceux qui ont vécu la souffrances d’animaux malades, stressés ou blessés, mais aussi leur mort (les paroles et les écrits des parents sont particulièrement émouvants, surtout quand ils doivent aider leur enfant à faire “son” deuil, même si l’animal n’était pas le “sien”). Je ne comprends donc pas l’engagement de quelques psychiatres ou pédopsychiatres dans la défense du “spectacle” sanglant de la corrida espagnole. Je ne comprends pas davantage “l’argument” selon lequel elle contribuerait à la “formation” des jeunes (formation de quels aspects du psychisme ? formation à quelles compétences ou au développement de quelles ressources morales, intellectuelles… ?).
Je vous informe que, après vérification, y compris par des journalistes, de nombreux psychiatres ou pédopsychiatres dont le nom figure sur la liste des signataires du communiqué du 11 février 2012 en faveur de la corrida, n’ont pas signé ce texte et/ou ont retiré leur signature alors qu’ils ne s’étaient pas engagés ou qu’ils y étaient opposés.

Je vous prie d’agréer, Monsieur, cher collègue, l’expression de mes sentiments les meilleurs.
 
Hubert MONTAGNER
Docteur ès-Sciences
Professeur des Universités en retraite
ancien Directeur de Recherche à l’INSERM
 
REPONSE DE MONSIEUR PHILIPPE COURTET
 
Monsieur,
 
Merci de cette information qui m’intéresse.
Il est évident que cette polémique n’a aucun sens puisqu’il n’existe pas d’étude. Comme d’habitude chacun y va de la sienne sans fondement.
Par ailleurs, les opposants au mauvais traitement à enfants, devraient selon moi s’intéresser à de vrais problèmes : abus de toute sorte extrêmement fréquents, y compris les négligences affectives et carences éducatives qui sont elles nuisent à la santé.
 
Bien à vou
 
Pr Ph Courtet
Université Montpellier
Département d’Urgences &  Post-Urgences Psychiatriques, Pôle Urgences, Hôpital Lapeyronie, CHU Montpellier, 34295 Cedex 5
INSERM Unité 1061 “Neuropsychiatrie : Recherche Epidémiologique et Clinique”
 
 
REPONSE DE HUBERT MONTAGNER A MONSIEUR PHILIPPE COURTET
 
Monsieur Philippe COURTET,
 
je n’avais pas l’intention de réagir à une éventuelle réponse de votre part. Mais, je ne peux accepter votre reproche, critique ou accusation implicite et “sans fondement”… en fait, une injure. En effet, pendant quarante ans, et à partir des données de la recherche fondamentale combinées aux observations cliniques, je n’ai cessé, avec des équipes pluridisciplinaires, de travailler sur “de vrais problèmes” de l’enfance afin de contribuer à réduire “les négligences affectives et les carences éducatives qui nuisent à la santé”… ce que je n’ai pas toujours constaté chez les cliniciens, notamment à MONTPELLIER (j’en ai la preuve audiovisuelle avec les milliers de vidéos réalisées). Ayant en permanence le souci de mieux comprendre le développement, les processus d’attachement, les conduites, les systèmes de communication et les rythmes de l’enfant dans ses différents lieux de vie (famille, crèche, école…), je n’ai pas de leçon de morale ou professionnelle à recevoir de vous.
Je vous renvoie à mes livres et à mes publications, parues le plus souvent dans des périodiques et ouvrages internationaux à comité de lecture, c’est-à-dire jugées et validées par des pairs, ce qui n’est pas le cas des pédopsychiatres gourous, notamment ceux qui paradent dans les médias français en affirmant tout et son contraire…
“sans fondement” (qu’ont-ils apporté à la connaissance de l’enfant ? tout n’est que bla bla, suffisance et égocentrisme). Vous devriez apprendre ou revoir la bibliographie.
Je vous renvoie aussi à mes réalisations, en particulier les crèches et les écoles que j’ai aidé à conceptualiser en France et à l’étranger (un nouvel exemple sera bientôt porté à la connaissance du public). Et vous, qu’avez-vous fait et que faites-vous… concrètement ?
Cela ne m’empêche pas de combattre l’ensemble des “formes de mauvais traitements à enfants” que vous dénoncez, et donc le “spectacle” sanglant de la corrida qui est aussi un “vrai problème”, et non une polémique. Ne vous en déplaise, la plupart des enfants sont très touchés, parfois traumatisés, par la souffrance animale, sans compter les écoles de tauromachie 0ù les enfants apprennent à tuer ou à former l’idée qu’ils sont autorisés à tuer. Au nom de qui et au nom de quoi un pédopsychiatre pourrait-il accepter ces réalités ? Avez-vous déjà vu un enfant en détresse devant un animal qui souffre ? Vous devriez lire les publications internationales dans lesquelles cette question est développée. Je ne crois pas que les “mauvais traitement à enfants” que sont la corrida et l’apprentissage à tuer dans les écoles de tauromachie, soient compatibles avec la déontologie et l’éthique de tous ceux qui oeuvrent à la protection de l’enfance, et à la préservation des équilibres psychoaffectifs et biopsychologiques des enfants. La très grande majorité de vos collègues partagent mon avis.
Vous écrivez qu’il “n’existe pas d’étude”, sous-entendue sur les effets ou méfaits de la corrida. C’est une imposture. En vous abritant derrière ce prétexte, comme l’ONCT, vous montrez en effet que n’avez pas la moindre idée de la faisabilité d’une étude qui ait du sens, c’est-à-dire réalisée au moyen d’une méthode et de protocoles reproductibles qui peuvent conduire à des données vérifiées et vérifiables, et donc fiables. Tout vrai scientifique vous dirait qu’une telle investigation est impossible à mener, tellement les variables et paramètres sont nombreux, fluctuants et volatiles, passés et actuels. Il n’est pas interdit d’avoir un minimum de culture scientifique.
 
Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments les plus distingués.
 
Hubert Montagner
 
 
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