Au sommet du Mont Blanc pour dénoncer l’inscription au Patrimoine

Sylvain Perret, délégué FLAC Ile de France nous étonne !

Mercredi 17 août 2011, 9h30, sommet du Mont Blanc, 4810 m.
Dans cet univers glacé à l’oxygène raréfié, le message choque “CORRIDA : HONTE DU PATRIMOINE
Incongru dans cet endroit magnifique ? Certainement ! Sylvain Perret vient de monter cette banderole au point culminant de notre pays.

« [je souhaite] dénoncer au plus haut point de notre Patrimoine son élément le plus bas. Mon but est de faire invalider l’inscription de cet immonde spectacle à notre beau
Patrimoine. Les Français ne veulent pas être associés à une pratique qu’ils rejettent
massivement. »

Sylvain est parti depuis St Gervais avec une amie, Olivia. Au lieu de dormir en refuge, ils ont
choisi de bivouaquer, ajoutant aux difficultés de l’ascension le port du matériel (tente, sacs de
couchage, tapis de sol, réchaud, nourriture) et l’inconfort des nuits sur le glacier de tête rousse,
à 3270m d’altitude.
Partis à 2h30 du matin, ils ont d’abord franchi le tristement célèbre « couloir de la mort » qui
mène au refuge du Goûter, à 3800m. Là ils ont chaussé les crampons et se sont encordés pour
s’élancer sur les pentes de neige du Dôme du Goûter, à plus de 4300m. Après une courte pause à
la cabane Vallot à 4360m, il leur restait encore plus de 500m de dénivelé à franchir. Olivia n’a
pas souhaité continuer la progression, et c’est en « solo » que Sylvain a terminé l’escalade,
franchissant la vertigineuse arête des bosses puis la longue et aérienne arête terminale qui mène
au point culminant de l’Europe : les 4810 m du Mont Blanc.

« Le contraste entre la magnificence de l’endroit et l’horreur de la corrida doit faire prendre
conscience de l’incongruité de cette inscription au patrimoine français. Au nom de la FLAC et
des 70 % de Français opposés à la tauromachie, je demande solennellement aux Instances du
Ministère de la Culture de retirer cette barbarie de la liste de notre Patrimoine immatériel ».

>> Voir l’article du Midi Libre du 23 août 2011 “La lutte anti-corrida grimpe au sommet du Mont-Blanc”

A bientôt dans la lutte !

La SNCF retire une photo de corrida pour ne pas choquer ses usagers !

Grâce à Sylvain Perret, délégué FLAC en Ile de France et à une campagne lancée sur Facebook par de nombreux militants, une photo d’une scène de corrida est retirée de la plaquette publicitaire de cette grande entreprise publique. A quelques jours de la feria de Béziers du 11 au 15 août… Comme si la corrida était la seule référence culturelle du Languedoc Roussillon. C’est en tous les cas ce que nous avons expliqué au Midi Libre, à France Bleu Hérault, et, plus récemment, à France 3/Région qui a réalisé un reportage très honnête sur cette polémique.

Assurément, la SNCF est sur la bonne voie… Toutes nos félicitations !

Un taureau paniqué sème à son tour la panique dans les tribunes d’une arène

A Tafalla (Navarre), un magnifique taureau de 500 kg complètement paniqué a provoqué à son tour la panique dans un arène du nord de l’Espagne, après avoir réussi à sauter dans les gradins. Si cet incident est rare, il n’est n’est néanmoins pas exceptionnel. Bilan : une quarantaine de blessés dont un jeune garçon de 10 ans blessé grièvement, un spectateur encorné et un taureau abattu…

Nous déplorons tous ces blessés et particulièrement les deux blessés graves dont un enfant de 10 ans. Dans ce genre de “spectacle” utilisant des animaux de ce type et dans les conditions où ils sont utilisés, il y a toujours une probabilité non négligeable pour que les choses tournent mal. Ce qui est encore plus inconcevable, c’est l’autorisation donnée à la population d’aller défier ces animaux dans l’arène, des animaux qui pèsent pour le moins 500kg et sont dans un état de stress tel, qu’ils sont dans ce cas très dangereux. Le Maire de Tafalla est directement responsable des blessures occasionnées dans cette arène.

La population invitée à défier le taureau dans les arènes

Cet incident s’est produit au cours d’un spectacle tauromachique appellé “Recortador“. Il ne s’agit pas d’une corrida mais de quelque chose qui ressemble à une course landaise dans laquelle les vaches sont remplacées par des taureaux, et en cette occasion particulière, la population était invitée et encouragée à venir défier les animaux dans l’arène même. La presse rapporte que ce qui s’est passé à Tafalla est rare… Oui, bien sûr c’est rare, mais pas exceptionnel !

Ainsi ce qui s’est produit à Tafalla en Navarre, s’est également produit à maintes fois, en particulier dans les arènes de Mexico au cours d’une corrida, une vraie celle-là, avec tortures et mise à mort… Tout comme à Tafalla, le taureau, Pajarito, est rentré dans l’arène et a essayé lui aussi de s’enfuir, mais dans une arène circulaire, tout est précisément conçu pour ne pas lui donner cette possibilité. Le taureau perd ainsi très rapidement son orientation et ne peut se réfugier nulle part, augmentant naturellement son inquiétude et son stress. Après un rapide coup d’oeil, l’animal comprend qu’il est piégé et qu’il ne lui reste plus que les gradins pour s’enfuir…

>> voir la vidéo Une mise à mort dans les gradins

A Tafalla, il s’est produit exactement la même chose et selon le même scénario. A peine rentré dans l’arène, le taureau s’est trouvé face à toute une foule venue pour le défier ! Paniqué et stressé, il a cherché à s’échapper et puis, comme à Mexico, il a traversé l’arène et a sauté dans les gradins, seule possibilité pour lui de sortir de cette enceinte infernale, seule porte de salut… Et comme à Mexico, contrairement à ce qui est rapporté par les médias, il n’a pas chargé le public, mais il a seulement poursuivi sa fuite dans les gradins sur lesquels un nombreux public était présent et donc, il a piétiné, bousculé et blessé ceux qui se trouvaient sur son chemin. Résultat de cet évènement : une quarantaine de blessés, dont un jeune garçon de 10 ans, très grièvement atteint (il présentait des lacérations au niveau de l’estomac, le pronostic est encore réservé), un autre spectateur gravement blessé, (il présenterait des blessures profondes dans le dos) et un taureau abattu par la bêtise des organisateurs et des irresponsables locaux.

Cet évènement met une fois de plus en lumière :

  1. l’état dans lequel se trouvent les animaux en pénétrant dans une arène, lieu circulaire et bruyant duquel il leur est impossible de fuir et dans lequel tous les ingrédients sont réunis pour générer chez eux inquiétude, angoisse, stress intense et rendre ainsi agressif des animaux qui n’attaquent l’homme que pour se défendre, car dans leur milieu naturel ce sont de paisibles herbivores et non des fauves et encore moins des bêtes féroces. Ainsi que le démontre Jordi Casamitjana (éthologue), la charge du taureau n’est qu’un mécanisme de défense.
  2. l‘incroyable irresponsabilité des autorités de la ville autorisant la population (adolescents, adultes, enfants), à défier un animal de 500 kg, qui, comme il a été dit plus haut, est dans un état de stress tel qui décuple ses forces et ses énergies et rend cet animal extrêment dangeureux. Comme on le voit sur la photo ci-dessus, cet animal qui pèse 500 kg est capable, dans cet état, de courrir et de se propulser à 2 mètres du sol sur une distance d’environ 3 mètres, c’est impressionnant !

Quand est-ce que les responsables (ou irresponsables) des collectivités que sont les Maires et autres élus locaux mais aussi nationaux, comprendront que la seule décision intelligente à prendre serait de fiche la paix à ces animaux et les laisser tranquillement mener leur vie, puisqu’ils se disent amoureux et adorateurs du taureau…

Nous espérons que les blessés et les associations de protection des enfants et de protection animale vont poursuivre les irresponsables devant la justice.

Collectif de professionnels soutenant la motion de demande d’interdiction des corridas aux moins de seize ans

Jean-Paul RICHIER, Psychiatre, Praticien Hospitalier, est responsable d’un Collectif de professionnels (psychiatres & psychologues) soutenant la motion de demande d’interdiction des corridas espagnoles et portugaises en France aux moins de seize ans.

Nous sommes à une époque où les débats sur la corrida prennent de l’ampleur dans tous les pays où elle est pratiquée, portés par de profondes mutations à la fois dans le rapport de l’individu contemporain à la violence et dans la relation entre hommes et animaux. Nous sommes aussi à une époque où on se préoccupe de façon croissante de la violence dont les jeunes peuvent être témoins, victimes ou auteurs, cela d’autant que les chiffres des violences aux personnes augmentent en France au fil des années.
Le moment est donc venu de prendre en compte l’impact de ce spectacle sur les enfants et les adolescents.
En effet, il y a dans la corrida une violence et une souffrance qui associent certaines caractéristiques fondamentales :

  • elles sont imposées dans le cadre d’un rapport radicalement inégal, à savoir par des hommes à un animal contraint à être présent ;
  • elles n’ont pas d’utilité concrète, elles ont pour unique raison d’être le plaisir de l’homme ;
  • elles sont constituées en spectacle.

D’une façon générale, il est légitime de redouter chez le jeune spectateur de corridas les conséquences suivantes :

  1. Des effets traumatiques : La réaction normale d’un enfant à la vue d’un animal saignant sous les coups d’un homme est toujours au départ une réaction de rejet, de gêne, et de peur. Certains enfants dans une corrida vont être heurtés par certaines scènes, et pourront d’autant moins en faire part que leur entourage adulte déniera le caractère traumatisant du spectacle en alléguant l’art, la tradition et la culture.
  2. Une accoutumance à la violence : Les adultes qui emmènent des enfants à des corridas les entraînent qu’on le veuille ou non à une forme de violence très crue, réelle et non pas fictive même si elle est circonscrite à l’arène, et pour tout dire la leur enseignent en alléguant l’art, la tradition et la culture.
  3. Une fragilisation du sens moral : On constate abondamment que bien des difficultés dont souffre notre société ont pour racine des incohérences du système de règles de l’individu. Il semble difficile d’apprendre à nos enfants, dans les écoles et dans les familles, que la violence est condamnable et qu’on ne doit pas faire souffrir les autres êtres, mais qu’à côté de cela la violence gratuite peut être légitime voire recommandée et qu’on a le droit de faire souffrir certains êtres en alléguant l’art, la tradition et la culture. L’enfant voit parfaitement que le taureau a été contraint à venir dans l’arène et qu’on lui inflige longuement des blessures puis la mort, sans motif de défense ou de protection. Cela peut déstabiliser les critères du juste et de l’injuste.
  4. Une perturbation des valeurs : Il n’est pas anodin de présenter à des enfants le spectacle de la souffrance, du sang et de la mort en le justifiant par une valeur esthétique, qui primerait donc sur tous les autres aspects, en le légitimant par une tradition, qui devrait donc l’emporter sur tout autre type de considération, en l’associant à une identité culturelle, alors même que l’enfant est en quête de modèles identificatoires. Enfin, il n’est pas anodin de présenter à des enfants le spectacle d’hommes tourmentant, et de plus sans motif, un animal jusqu’à la mort, alors même que notre société est en train de repenser en profondeur nos rapports avec les animaux et avec la nature.

Il va de soi que ces réflexions s’appliquent à plus forte raison à l’entraînement à la pratique de la corrida, notamment dans le cadre de ce qu’on appelle les “écoles taurines“. Ces écoles existent en France à Arles, Nîmes, Béziers ou Cauna (Landes), les enfants peuvent y être admis à 10 ans voire moins, et ne tardent pas à s’exercer sur des veaux.

On ne manquera pas de nous rétorquer que les cahots éducatifs et moraux qui secouent nos sociétés ressortissent à des facteurs causaux bien plus vastes et complexes. Nous en sommes bien entendu conscients, mais ceci ne saurait tenir lieu de réponse à la préoccupation ici exprimée.

En tant que psychiatres et psychologues, nous demandons en conséquence que le spectacle de la corrida, ainsi que l’entraînement à sa pratique, ne soient plus autorisés aux moins de seize ans.

>> Voir le Collectif de professionnels soutenant l’interdiction des corridas aux moins de seize ans.