Le Conseil de l’Ordre des vétérinaires se positionne contre la corrida

L’Ordre des vétérinaires français a répondu à la demande du COVAC portant sur l’engagement de certains vétérinaires pour la corrida par la voix de son président le Dr Michel Baussier. Il se positionne clairement contre la corrida, et invite chaque vétérinaire à s’interroger sur sa position face à la corrida, du point de vue de l’éthique personnelle comme du point de vue de la dignité de la profession.

Le Conseil national reformule notre interpellation de la manière qu’il pense adaptée, à savoir «lui demander de prendre position sur la souffrance des animaux lors de corridas en général et sur la question de la caution que les vétérinaires peuvent ou ne peuvent pas apporter à un tel spectacle.»

Il y répond en particulier dans les deux extraits ci-dessous :

La pratique de la corrida est-elle compatible avec le respect du bien-être animal ?

« Dans les spectacles taurins sanglants, la douleur infligée aux animaux n’est pas contestée. Dans la pratique de la corrida, c’est précisément cette douleur qui augmente les réactions défensives des animaux, leur stress psychologique et physique et donc leur agressivité. Elle conditionne ainsi le succès du spectacle. La courte durée du spectacle (20 mn) et la sélection d’animaux agressifs et génétiquement prédisposés à combattre paraissent une atténuation peu significative de l’intensité des souffrances physiques forcément ressenties par les animaux.

Les spectacles taurins sanglants, entraînant, par des plaies profondes sciemment provoquées, des souffrances animales foncièrement évitables et conduisant à la mise à mort d’animaux tenus dans un espace clos et sans possibilité de fuite, dans le seul but d’un divertissement, ne sont aucunement compatibles avec le respect du bien-être animal. »

Les vétérinaires et la corrida

« Même s’ils n’en avaient pas pris la mesure, tous les vétérinaires vont devoir, dans le cadre du code de mars 2015, s’interroger sur leur position de vétérinaire, professionnel reconnu du bien-être animal, face à diverses activités humaines susceptibles de lui porter atteinte, la corrida constituant manifestement un des cas les plus marquants, et sur la caution que chacun d’eux, consciemment ou non, leur apporte ou ne leur apporte pas. Ils seront bien inspirés de le faire avec le sens de la juste mesure.

Ils vont devoir le faire, y compris et plus encore les vétérinaires « taurins », parce que le code de déontologie, partie intégrante du code rural et de la pêche maritime, pris par décret en Conseil d’Etat, leur impose de respecter l’animal mais surtout parce qu’en son article R242-48 il impose dorénavant à chaque vétérinaire tenu au respect de ce texte, lorsqu’il se trouve en présence d’un animal blessé, qui est en péril, de s’efforcer, certes dans les limites de ses possibilités et certes en présence d’une demande effective, d’atténuer la souffrance de l’animal.»

Article complet sur le site du COVAC

Podemos dépose un projet de loi abrogeant les “fêtes taurines” telles que toro de la Vega et becerradas

16 septembre 2016 – Le groupe parlementaire Podemos a déposé une proposition de loi demandant le retrait de “fêtes taurines” telles que le toro de la Vega ou Medinaceli

Le groupe parlementaire Podemos a déposé une proposition de loi demandant l’abolition des combats de taureaux tels que le Toro de la Vega, le taureau Medinaceli, le taureau de Coria ou les festivités de Benavente. Il a également demandé l’abolition de spectacles taurins où les animaux sont âgés de moins de deux ans.

De plus, le groupe Unidos Podemos-En Comú Podem-En Marea au Sénat a déposé une motion exigeant le respect des règlements en vigueur.

Cette proposition reprend la demande de la plateforme La Torture No Es Cultura (LTNEC), de l’AVATMA (association des vétérinaires contre les corridas et autres maltraitances animales) et sur une pétition qui a réuni plus de 100 000 signatures. La proposition de loi contient un certain nombre d’initiatives visant à éliminer les spectacles basés sur des taureaux, qui génèrent un très fort rejet dans la société espagnole.

Suite ici : http ://www.elmundo.es/cultura/2016/09/16/57dbef76268e3e17568b45e4.html

Le Dalaï Lama, anticorrida bien sûr

Alors que le Dalaï Lama est en visite en France en cette mi-septembre 2016, il est bon de rappeler que le 15 août 2011, Muriel-Marland Militello, première députée à avoir déposé une Proposition de Loi pour l’abolition de la corrida, le rencontra afin de le remercier pour sa dénonciation sans faille de cette ignoble cruauté. Evidemment, les aficionados ne s’en vantent pas…

Madame Militello avait remis au Dalaï Lama une statue représentant un taureau blanc, en signe de son engagement continu pour la lutte contre toute forme de cruauté envers les animaux, et en particulier pour l’abolition de la corrida. Cette statue lui a été remise au nom des associations de protection animale et des 108 parlementaires abolitionnistes français.

Lors de sa visite à Toulouse, le Dalaï Lama a, par ce symbole, réaffirmé son engagement viscéral contre la tauromachie, « pratique cruelle » qu’il juge « en contradiction avec l’esprit d’équanimité qui est en train de se développer de nos jours dans les sociétés ».

Cette remise a eu lieu à l’issue d’une audience où Muriel Marland-Militello représentait le groupe d’amitié France-Tibet de l’Assemblée nationale lors de cette audience. Le Dalaï Lama a rappelé que la culture ne pouvait en aucun cas être un prétexte à la violence et à la cruauté.

En cette année où, sur la scène nationale, une obscure commission administrative cherche, de manière infamante pour la culture, à inscrire la tauromachie au patrimoine culturel immatériel, cette cérémonie a mis en lumière combien l’abolition de cette pratique d’un autre âge constitue un combat humaniste dont dépendent l’image et la crédibilité de la France dans le monde.

Ce taureau blanc, sculpté par la prestigieuse maison portugaise Vista Alegre, remis au Dalaï Lama par une parlementaire française, rappelle que la lutte contre la torture tauromachique unit, dans le monde entier, une majorité de plus en plus importante d’êtres humains.

Le bouddhisme est, par essence même, opposé à toute forme de maltraitance animale et donc anticorrida, comme le rappelle entre autres le moine-philosophe Matthieu Ricard, traducteur officiel du Dalaï Lama, dans son livre “Plaidoyer pour les animaux – Vers une bienveillance pour tous” et lors de ses nombreuses conférences.

150 000 manifestants contre la corrida à Madrid !

“Torturer un animal, c’est torturer une conscience”
Un article de Manuel Dominguez Moreno et Richard Lenoir, Diario16

“Il viendra un jour où tuer un animal sera considéré comme aussi grave que tuer un homme”. Cette phrase de Léonard de Vinci a été dite en 1472 et 544 ans plus tard, en Espagne, ce que le grand maître florentin a prédit est en voie de réaliser.

L’artiste et militante féministe Cristina del Valle, activiste de la cause animale, s’est adressée avec ces mots à des dizaines de milliers de personnes, 150.000 à la Puerta del Sol de Madrid, au début de la manifestation qui a fait le tour du centre de la capitale pour exiger l’abolition totale de toutes les corridas. Les manifestants ont fait le tour des rues les plus représentatives de Madrid, en chantant divers slogans tels que “Journée nationale de terrorisme culturel”, “Ici, nous sommes, nous ne tuons pas» ou «Avec un habit de lumière, ils vont commettre un massacre”.

Léonard de Vinci a annoncé ce jour, qui a commencé par l’annonce de l’abolition du Toro de la Vega, une tradition qui voulait passer pour de la «culture» selon ses promoteurs. Le dernier taureau sacrifié lors de cet événement était Rompesuelas et son visage, comme un hommage, était sur les T-shirts portés par les manifestants qui portaient également une écharpe verte, en opposition avec les foulards rouges utilisés à San Fermin.

La manifestation a débuté vers 17 h. Silvia Barquero, présidente du parti animaliste PACMA, a accueilli tout le monde venu de partout en Espagne.

Après son discours, Cristina del Valle a partagé avec tous les participants des phrases d’intellectuels et d’artistes exprimant leur opposition à la corrida : “Le peuple qui se régale de sang hérite de la mort” (Juan Ramon Jimenez), “Si vous aimez la douleur, la torture et que vous voulez voir la souffrance d’un animal qui ne peut pas se défendre vous êtes un monstre” (J. Sara) ou “Il y a des gens qui embrassent leurs enfants le soir et se réjouissent d’aller voir des corridas” (J. Otero).

Il a également été cité une phrase de l’artiste Eva Amaral : “Les arènes doivent être replies avec de la musique, pas pour tuer des taureaux” et celle du grand écrivain espagnol du XIXe siècle, Concepcion Arenal : “Dans l’arène, il y a quelqu’un de féroce et ce n’est pas le taureau”.

Del Valle a conclu en citant Victor Hugo : “Torturer un taureau pour le plaisir, c’est torturer une conscience”, ainsi que la réflexion du scientifique et vulgarisateur Felix Rodriguez de la Fuente : “La fête nationale est l’exaltation maximale de l’agressivité humaine”.

La manifestation a atteint le Congrès des députés, qui a été fortement protégé.

La manifestation, considérée comme celle qui a le plus mobilisé de personnes à ce jour pour la cause anticorrida, a poursuivi son trajet dans la rue Alcalá jusqu’à la porte du même nom en scandant des slogans tels que “Fête nationale, massacra animal”, “Moins de violence, plus d’intelligence”,”Ce n’est plus le 1er siècle, c’est le 21e”, en référence à nouveau à Léonard de Vinci.

Source (en espagnol) : “Multitudinaria manifestación en Madrid contra los festejos taurinos : “Torturar a un animal es torturar una conciencia” (Diario16, 11 septembre 2016)
Adaptation en français : Roger Lahana